1984 de George Orwell, lu en… 1984

Redécouvert récemment avec grand plaisir le Novlangue dans Wikipédia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Novlangue
J’avais lu 1984 en anglais justement cette année-là.

Extrait de Wikipédia :
Le novlangue est utilisé dans la trame même du récit, mais il fait aussi l’objet d’un bref développement analytique à la fin du roman, dans une annexe fictive intitulée The Principles of Newspeak.

Langue officielle d’Oceania, le novlangue fut créé pour satisfaire les besoins idéologiques de l’Ingsoc (pour English Socialism) : il doit favoriser la parole officielle et empêcher l’expression de pensées hétérodoxes ou critiques. En 1984, l’usage du novlangue n’était pas encore très répandu et il n’était alors maîtrisé à l’oral et à l’écrit que par des spécialistes ; mais il est destiné à remplacer totalement le Oldspeak (ou anglais standard), un objectif fixé pour les années 2050. Son usage se répand constamment ; les membres du parti tendent de plus en plus à utiliser le vocabulaire et la grammaire novlangues.

Selon l’auteur de l’annexe, le novlangue utilisé en 1984 repose sur les neuvième et dixième éditions du Newspeak Dictionary, « des éditions provisoires et qui contiennent encore beaucoup trop de mots inutiles et de constructions archaïques destinées à être supprimées ultérieurement. », ce qu’a réalisé la 11e édition.

Un livre à lire et relire et qui restera toujours d’actualité!

La minuscule caroline (écriture)

Lu dans « Les alphabets de l’oubli » (de Valère-Marie Marchand, éd. Alternatives), page 18, à propos de Charlemagne qui « entre en guerre contre l’illetrisme » :
« Son plan de bataille? la promotion des connaissances, la diffusion de la culture sous toutes ses formes et la régression, à plus ou moins brève échéance, de l’analphabétisme. Son point fort? La création de monastères qui deviennent des satellites de l’empire et d’une écriture la ‘caroline’ qui fait désormais fonction d’ambassadrice. Cette minuscule est adoptée par les monastères de Catalogne, séduit les abbayes d’Outre-Manche et fait une entrée remarquée à Rome où elle concurrence sérieusement l’écriture curiale. »
Pour en savoir plus, lire le livre (!) et l’article détaillé de Wikipédia en français sur la minuscule caroline (écriture).
Extrait :
Caractéristiques
« La minuscule caroline est homogène et régulière, avec des formes arrondies claires, mais surtout lisibles. Elle établit des règles d’écriture qui n’étaient pas systématiques auparavant, comme la séparation des mots au moyen d’une espace. »

La preuve de Fermat enfin révélée par… Fermat en personne!

Une nouvelle traduction, vraisemblablement inconnue du public, de la Note en Latin de Fermat publiée dans l’ARITHMETICA (édition de 1670, page 61) a été dûment expertisée par un Professeur, Docteur spécialisé en latin médiéval. Elle suggère une démonstration très élémentaire (en 3 lignes de calcul!) du Grand Théorême de Fermat.

Cette étude détaillée faite par Monsieur Roland Franquart se trouve sur son site http://franquart.fr.

Vous y découvrirez  l’explication détaillée du cryptage de nature strictement typographique choisi par Fermat.

Par ailleurs, vous découvrirez aussi le décryptage de nature alphabétique qui tient compte du double-sens du mot latin « detexi », lequel se disait des matériaux construits comme les fils d’un tissu.

C’est pourquoi Monsieur Roland Franquart aimerait avoir une expertise n’utilisant que les « outils » mathématiques du XVIIème siècle, évidemment.

Voir l’image ci-dessous, à : « OBSERVATIO DOMINI PETRI DE FERMAT’.

page 61 de l'ARITHMETICA, édition 1670
page 61 de l'ARITHMETICA, édition 1670

« Je me souviens » de Boris Cyrulnik + mon grand-père et ma mère

cyrulnik-boris.jpg« Je me souviens… » est un tout petit livre (mais immense par son contenu) de Boris Cyrulnik (éd. Odile Jacob), un psychiatre et éthologue bien connu pour avoir développé le concept de résilience.
Né à Bordeaux en 1937, il se retrouve orphelin et, caché par une personne, réussit à échapper aux rafles. Dénoncé, puis arrêté en pleine nuit par la police française en 1944, il réussit, encore, à s’échapper et à passer entre les mailles du filet.
Extraits :
« Et puis unjour, ou plutôt une nuit – c’était tôt le matin quand j’ai été arrêté -, la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C’étaient des Allemands mais j’ai été arrêté par la police française. Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi! J’en ai alors conclu que j’étais quelqu’un de très important, ce qui m’a rendu mégalomane pour le restant de ma vie! » (p. 56)

« On m’a alors demandé de monter dans une traction. On m’y a poussé et, dans cette voiture, j’ai été surpris, parce qu’il y avait déjà un homme à l’intérieur, qui pleurait. Je le regardais pleurer et j’étais fasciné par sa glotte. Il avait une glotte qui montait et qui descendait. Quand il pleurait, sa glotte s’agitait et je trouvais ça très intéressant. C’est ce qui m’a le plus marqué ce jour-là.
De ce moment qui, pour beaucoup, aurait été terrifiant, je n’ai aucun souvenir d’angoisse, ni le souvenir d’avoir eu peur. Je me souviens seulement avoir pensé que les adultes étaient vraiment absurdes. Tant d’armes, tant de camions pour arrêter un enfant! Je trouvais ça stupide.
 » (p. 57 et 58)

« En fait, dans mon enfance, j’ai certainement fait un travail de transformation de mes blessures et, par la suite, j’ai « fait quelque chose » de cette enfance fracassée. Ça m’a rendu complètement psychiatre et, très tôt, je me suis interrogé : « Quelle est cette manière d’établir des rapports entre les humains? Il faut que je comprenne ce qui se passe dans la vie. » (p. 60)

Histoire à rapprocher de cet article :
http://christian.bouthier.org/2009/06/12/l’inspecteur-principal jabot et le journaliste/.
Pendant la guerre, mon grand-père faisait parfois prévenir « certaines personnes » la veille qu’elles allaient « recevoir de la visite » le lendemain matin très tôt. Je me souviens très bien qu’il m’a raconté cela à deux ou trois reprises, sans me dire par qui et comment il faisait prévenir les gens.
C’est ma mère qui me l’a raconté elle-même l’an dernier, peu après le décès de Papa. Elle m’a dit que son père lui disait de se rendre à bicyclette à telle adresse et de dire : « Vous aurez de la visite demain matin », pas un mot de plus, pas un de moins. Et elle devait repartir aussitôt comme elle était venue.
jabot_edmond.jpgComme à l’époque, mes grands-parents et ma mère habitaient Le Bouscat, et qu’elle faisait les « commissions » à bicyclette, son rayon d’action était relativement limité. Mon grand-père devait aussi très probablement faire attention à ne pas éveiller les soupçons en ne faisant pas prévenir que des gens du quartier pour ne pas se faire lui-même -et sa propre fille, ma mère- arrêter par la Gestapo et déporter.
Car c’est ce qui était arrivé à son collègue et meilleur ami dont il sortait parfois la photo en disant : « Tu vois, lui, il est mort en déportation ». Comme j’étais enfant, il n’ajoutait pas de détails sur ce que le collègue avait pu subir, probablement la torture avant d’être envoyé dans un camp mais on sentait l’émotion dans sa voix.
Je ne sais combien de personnes ont ainsi pu être sauvées par mon grand-père et ma mère, au péril de leur vie…
jabot_georgette.jpgEn tout cas, une jeune fille de 17 ans sur sa bicyclette n’éveillait pas les soupçons , mais que devait-il se passer dans son coeur et dans celui de son père qui faisait ainsi courir un risque certain à sa fille et qui mettait sa propre vie en danger?
Je vous laisse l’imaginer…
Je publierai un jour une vidéo dans laquelle Maman raconte elle-même un de ses épisodes.

PS: Je viens d’avoir Maman au téléphone et nous avons évoqué ces « transmissions d’information à bicyclette ». « Oh, c’était normal, m’a-t-elle répondu! Ce que je faisais était normal et beaucoup de gens le faisaient ».

Vincent Vergone, un artiste original qui fait son petit cirque

Sculpteur, réalisateur de courts-métrages, créateur de spectacles d’images, Vincent Vergone est un artiste aux moyens d’expression multiples. L’unité de son œuvre se révèle dans l’intérêt qu’il porte de manière générale à l’image, qu’elle soit plane ou en volume, fixe ou animée dans un mouvement, prête à s’envoler d’un coup de vent, et à s’évanouir fugitivement hors-cadre. Ainsi, ses gravures nous apparaissent dans l’entre-deux de l’image fixe et de l’image en mouvement.

Il se produit à Paris et en province, parfois aussi à l’étranger.
Un article lui est consacré, ainsi qu’à ses spectacles et créations diverses sur le site japonais http://www.nikkanberita.com/ (lien direct vers l’article)

Séparer le rentable du non-rentable : la maladie du siècle

« JAL – Les créanciers veulent séparer le rentable du reste. » (Journal Nikkei, Japon)
Voilà bien une des maladies du siècle : vouloir « à tout prix » séparer le rentable du non-rentable.
On nous parle en France de « lignes rentables » et de « lignes non-rentables » aussi bien à la SNCF que pour des compagnies aériennes.
Même si la logique économique correspond à quelque chose de bien réel -la nécessité pour une entreprise d’être viable financièrement, et qui peut certainement sembler nécessaire en ne considérant que la partie d’un problème, je crois que cela relève de ce que l’on appelle communément « ne pas voir plus loin que le bout de son nez ».
Car « non-rentable » à court terme pour une entreprise ne signifie pas pour autant que le maintien d’une activité n’apportera pas un minimum de richesses -au sens le plus large possible de ce mot- à une communauté, une ville, une région, un pays.
Dans le Sud-Ouest, par exemple, il existait autrefois une ligne de chemin de fer allant de Bordeaux à Mont-de-Marsan en passant par Labrit (un tracé différent de l’actuel). Elle a été supprimée vers la fin des années 50 ou au début des années 60 parce que non-rentable. En remplacement, on a mis une ligne de cars -privée- qui, elle aussi a été supprimée plus tard, car car non-rentable.
Résultat, de nombreux villages des Landes comme Labrit, et bien d’autres situés sur la ligne et alentours, n’ayant aucun moyen de transport en commun à leur disposition et une économie locale n’ayant pas de circulation stable, comme un poumon ou un membre n’ayant plus de « circulation ».
Mais est-ce qu’on ampute un membre n’ayant qu’une faible circulation? Non! Car on considère l’ensemble du corps, du système et qu’il y a une solidarité entre les membres.
En poussant la logique économique à son extrême, on doit normalement supprimer des tronçons de ligne. C’est d’ailleurs déjà fait en de nombreux endroits. Mais ce phénomène pourrait s’accentuer à l’extrême! On verra bientôt peut-être un Paris-Montpellier morcelé en tronçons « train rentable » et en d’autres qu’il faudra faire à pied, ses valises à la main…

J’ai un petit exemple où l’on n’a pas supprimé du soi-disant « non-rentable » et où ça continue à bien fonctionner, et même, ça fonctionne mieux.
Le Centre Culturel rattaché à mon université, à Matsudo (Japon), dispense des cours pour le grand public. Il y a quelques années, j’ai fait développer le nombre de cours de français afin d’en élargir l’offre. Ceci a permis de passer d’un seul cours avec 30 personnes (et une dizaine en liste d’attente!) à 6 ou 7 cours de niveaux variés permettant de mieux répondre à la demande du public. Dans le même temps, j’ai négocié directement avec le directeur du Centre Culturel, sur la base d’une forte demande des élèves, afin de limiter le nombre d’élèves à 25 par cours (depuis quelques années, ramené à 18 ou 20).
Nous avons ainsi pu avoir des cours comprenant entre 10 et 25 élèves, apportant un niveau de satisfaction élevé des utilisateurs si l’on en juge par les résultats des enquêtes réalisées après chaque session de formation de 3 mois. Et, rien que pour le français et ses disciplines connexes, nous avons eu jusqu’à 89 clients pour un seul trimestre.
Parfois, il a été question de supprimer des cours ayant moins de 10 élèves inscrits. J’ai alors demandé aux responsables de considérer la rentabilité pour l’ensemble des cours de français sur une année et de conserver les cours qui leur semblaient moins rentables -ou non-rentables- car, selon moi, ils présentaient au moins 2 avantages:
– leurs étudiants sont des étudiants potentiels pour d’autres cours ;
– conserver un cours permet d’apporter une satisfaction aux élèves qui en bénéficient (ne serait que par la continuité du service!) qui rejaillit positivement sur l’ensemble du système.
Cette argumentation a été entendue et certains cours ont vu leur nombre d’élèves descendre à 4 pour certains trimestres!
Le temps me manque pour apporter une conclusion mais je crois que ces modestes exemples sont assez éloquents et montrent bien qu’il ne faut pas aborder les problèmes en les coupant de leur environnement. C’est, du reste, une question de simple bon sens.

Les échecs féériques

Papa aimait bien les échecs et jouer avec nous, ses enfants. Et nous aimions bien jouer avec lui…
Ça fait un moment que je lis « Le guide des échecs » (de Nicolas Giffard et Alain Biénabe, éd. Robert Laffont) et je suis arrivé au chapitre qui traite des échecs féériques.
Les échecs sont déjà un jeu complexe mais là, on a affaire à des variantes d’une extrême richesse et c’est vraiment époustouflant.
Petit inventaire à la Prévert… Je n’en choisis que quelques-uns que j’ai trouvé les plus marrants en résumant l’explication :

– les échecs cannibales : les pièces d’un même camp se prennent entre elles;
– les échecs fusils : on prend à distance, sans bouger sa pièce comme si on tirait sur les pièces de son adversaire. On ne rate jamais la cible!
– les échecs monochromatiques : les cases de départ et d’arrivée de chaque coup doivent être de même couleur;
– les échecs bichromatiques : l’inverse du précédent;
– Les échecs gravitation;
– les échecs poursuite;
– les échecs dynamo : pas de prise mais les pièces peuvent repousser ou aspirer celles de l’adversaire;
– les échecs gravitation : toute pièce (sauf les rois et les pions) qui joue, effectue un mouvement classique puis glisse d’une case verticalement vers son camp. L’effet de gravitation!

Il y en a plein d’autres et je ne vous parle pas des problèmes avec des pièces différentes comme la sauterelle, les pièces paralysantes, les pièces rayon X, les pièces volages, etc. !!

Je vais en citer également un dans mon blog Japon car il a un nom très particulier : les échecs Kamikazes !

Si j’avais le temps, faudrait que je fasse des stages avec mon frère Jacques qui touche plutôt sa bille, ou avec Jacques Pineau, un Français du Japon qui a un niveau très élevé (et même plus que ça!). Il a écrit des articles dans france-japon.net il y a déjà quelque temps sur les échecs et le shôgi (voir ici et ici).

50 mots pour comprendre le développement durable (Patrice Zana)

50 mots pour comprendre le développement durable
C’est le titre d’un petit livre de Patrice Zana (éd. Alternatives, collection « petits carnets utiles ») qui présente et explique 50 mots-clés et expressions du développement durable.
Très simple, c’est un bon ouvrage pour découvrir en douceur ce qu’est le développement durable et tout ce qui est en relation avec ce concept.
J’ai traduit la liste de vocabulaire en japonais dans le cadre de mon cours sur le français des médias à l’université Nihon.
Voici la liste des termes :
agenda 21
agrocarburants = biocarburant
biodiversité
Charte d’Aalborg
commerce équitable
compensation carbone
consom’action
crise alimentaire
Déclaration de Rio
déforestation
développement durable
diversité
eau
éco-conception
écogestes
écolabels
écologie à la ville
écotaxe
énergies renouvelables
empreinte écologique
facteur 4
gaz à effet de serre
pacte mondial (global compact)
greenwashing
Grenelle de l’environnement
gouvernance
GIEC Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat
HQE haute qualité environnementale
indice de développement humain
ISR investissement socialement responsable
loi NRE = Loi sur les nouvelles régulations économiques
négawatt (Negawatt power)
NIMBY Not In My Back Yard
OMD objectifs du millénaire pour le développement
OGM organisme génétiquement modifié
parties prenantes
pesticides
principe pollueur-payeur
principe de précaution
programme REACH Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques / Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals
protocole de Kyoto
rapport Brundtland
réchauffement climatique
responsabilité sociale des entreprises
sommet de Johannesburg
surpêche
Think globally, act locally
tourisme durable et solidaire
tri des déchets
triple bottom line : La Triple Bottom Line est la transposition de la notion de développement durable en entreprise.

L’inspecteur principal Jabot et le journaliste

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Arrivé à Bordeaux après mon service militaire, j’ai habité quelque temps à la cité du Grand-Parc, un paquet d’immeubles et de tours massés sur une toute petite surface et regroupant 30000 habitants.
Un jour, mon voisin m’invite à prendre un café. Nous avions déjà échangé quelques mots et je savais qu’il était journaliste à Sud-Ouest et s’appelait « Philippon ».
Dans la discussion, alors que j’évoquais mon grand-père, Edmond Jabot, qui avait fait une carrière dans la police à Bordeaux, il s’écrie tout à coup : « Mais je le connais! J’ai même commencé ma carrière de journaliste en suivant ses enquêtes! »
Incroyable, n’est-ce pas! Et comme j’avais quelques photos avec moi, je les lui ai montrées. J’avais même une photo qui avait été prise par lui au cours d’une arrestation et qu’il avait donnée à mon grand-père.
Les inspecteurs de police avaient alors une apparence bien différente d’aujourd’hui et rien ne semblait les distinguer des truands qu’ils combattaient.
« Ton grand-père, il était toujours élégant, toujours tiré à quatre épingles. » « Il avait parfois sa photo dans le journal! »
À l’époque, il est vrai que les policiers avaient les honneurs de la presse lorsqu’ils avaient arrêté un gros bonnet du milieu ou un truand bien en vue.

Sur la photo, prise au Jardin Public de Bordeaux, l’inspecteur Jabot s’apprête à arrêter le militaire américain sur la droite. Je possède une autre photo sur laquelle on voit très bien les menottes qu’il tient à la main et s’apprête à utiliser.

Les cimetières américains, canadiens, britanniques, polonais, allemands,… en Normandie et ailleurs

Lorsque nous nous rendions en voiture avec mes parents d’Argentan à Caen, nous passions devant le cimetière canadien de Breteville-sur-Laize, un des nombreux cimetières de Normandie où sont inhumés des soldats canadiens morts pendant le débarquement de 1944 et les batailles qui ont suivi.
brettevillecem.jpg
Copyright photo http://www.annebrooks.ca/showmap.php?cemeteryID=41

Extrait du site des anciens combattants du Canada :
« Comme la plupart des cimetières de la Seconde Guerre mondiale, le cimetière de guerre canadien de Bretteville-sur-Laize groupe les dépouilles des victimes d’abord inhumées dans de petits cimetières improvisés, sur le champ de bataille même. Toutes les unités du 2e Corps canadien y sont représentées, y compris 79 aviateurs de l’A.R.C. Pour nous en tenir aux Canadiens seulement, 2 793 d’entre eux reposent au cimetière. »
Bien sûr, voir ce cimetière n’avait pas vraiment de sens pour moi, même si ça me faisait malgré tout « un drôle d’effet », sans doute dû en partie à l’émotion que mon père essayait de nous cacher. Car pour lui, qui était en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO), ces morts étaient des héros qui avaient contribué par leur sacrifice à libérer la France puis l’Allemagne et toute l’Europe.
Le président américain Obama va visiter un des cimetières américains situé juste en face de la plage du débarquement d’Omaha (Omaha Beach), le cimetière de
Colleville-sur-Mer.

Extrait de Wikipédia cité ci-dessus :
« Inauguré officiellement en 1956 avec son mémorial, ce cimetière honore les soldats américains morts pendant la bataille de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette nécropole de 70 hectares est installée sur les hauteurs qui surplombent la plage d’Omaha Beach, l’une des plages du débarquement de Normandie. Le littoral à cet endroit est protégé. »
(…)

« Dans le cimetière sont enterrés les corps de 9387 soldats, dont 307 inconnus et quatre femmes, principalement morts le jour du débarquement ou dans les combats des semaines suivantes en Normandie. 14 000 dépouilles, d’abord inhumées en Normandie, ont été rapatriées aux États-Unis, à la demande de leurs proches.
Près du mémorial, dans le « jardin des disparus », se trouvent les noms de 1 557 soldats disparus.
Certains titulaires de la Medal of Honor morts en Normandie reposent à Colleville, dont le général Theodore Roosevelt Junior (1887-12 juillet 1944) (le fils ainé du président des États-Unis Theodore Roosevelt et lointain cousin du président Franklin Roosevelt), le lieutenant Jimmie Monteith (1917 – juin 1944 à Omaha Beach) et Frank Peregory[1] (1916 – 12 juin 1944). Deux des frères Niland sont aussi enterrés ici. »

« Le cimetière accueille environ 1 million de visiteurs par an et est le cimetière américain le plus visité. Un centre pour visiteurs a ouvert le 6 juin 2007. Les États-Unis y ont investi 30 millions de dollars pour retracer le débarquement. Dans une des salles, une bande-son cite en permanence le nom des soldats américains morts au combat. »

Voir aussi la page de Wikipédia sur les Cimetières militaires de la Seconde Guerre mondiale.
« Les cimetières militaires de la Seconde Guerre mondiale ont été créés à la suite de la Seconde Guerre mondiale dédiés aux soldats tombés (que ce soit les agresseurs ou les défenseurs) selon les droits humanitaires de la convention de Genève. Des accords bilatéraux ont été définis entre les nations concernées pour statuer sur ces lieux. » (source Wikipédia)