La minuscule caroline (écriture)

Lu dans « Les alphabets de l’oubli » (de Valère-Marie Marchand, éd. Alternatives), page 18, à propos de Charlemagne qui « entre en guerre contre l’illetrisme » :
« Son plan de bataille? la promotion des connaissances, la diffusion de la culture sous toutes ses formes et la régression, à plus ou moins brève échéance, de l’analphabétisme. Son point fort? La création de monastères qui deviennent des satellites de l’empire et d’une écriture la ‘caroline’ qui fait désormais fonction d’ambassadrice. Cette minuscule est adoptée par les monastères de Catalogne, séduit les abbayes d’Outre-Manche et fait une entrée remarquée à Rome où elle concurrence sérieusement l’écriture curiale. »
Pour en savoir plus, lire le livre (!) et l’article détaillé de Wikipédia en français sur la minuscule caroline (écriture).
Extrait :
Caractéristiques
« La minuscule caroline est homogène et régulière, avec des formes arrondies claires, mais surtout lisibles. Elle établit des règles d’écriture qui n’étaient pas systématiques auparavant, comme la séparation des mots au moyen d’une espace. »

La preuve de Fermat enfin révélée par… Fermat en personne!

Une nouvelle traduction, vraisemblablement inconnue du public, de la Note en Latin de Fermat publiée dans l’ARITHMETICA (édition de 1670, page 61) a été dûment expertisée par un Professeur, Docteur spécialisé en latin médiéval. Elle suggère une démonstration très élémentaire (en 3 lignes de calcul!) du Grand Théorême de Fermat.

Cette étude détaillée faite par Monsieur Roland Franquart se trouve sur son site http://franquart.fr.

Vous y découvrirez  l’explication détaillée du cryptage de nature strictement typographique choisi par Fermat.

Par ailleurs, vous découvrirez aussi le décryptage de nature alphabétique qui tient compte du double-sens du mot latin « detexi », lequel se disait des matériaux construits comme les fils d’un tissu.

C’est pourquoi Monsieur Roland Franquart aimerait avoir une expertise n’utilisant que les « outils » mathématiques du XVIIème siècle, évidemment.

Voir l’image ci-dessous, à : « OBSERVATIO DOMINI PETRI DE FERMAT’.

page 61 de l'ARITHMETICA, édition 1670
page 61 de l'ARITHMETICA, édition 1670

« Je me souviens » de Boris Cyrulnik + mon grand-père et ma mère

cyrulnik-boris.jpg« Je me souviens… » est un tout petit livre (mais immense par son contenu) de Boris Cyrulnik (éd. Odile Jacob), un psychiatre et éthologue bien connu pour avoir développé le concept de résilience.
Né à Bordeaux en 1937, il se retrouve orphelin et, caché par une personne, réussit à échapper aux rafles. Dénoncé, puis arrêté en pleine nuit par la police française en 1944, il réussit, encore, à s’échapper et à passer entre les mailles du filet.
Extraits :
« Et puis unjour, ou plutôt une nuit – c’était tôt le matin quand j’ai été arrêté -, la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C’étaient des Allemands mais j’ai été arrêté par la police française. Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi! J’en ai alors conclu que j’étais quelqu’un de très important, ce qui m’a rendu mégalomane pour le restant de ma vie! » (p. 56)

« On m’a alors demandé de monter dans une traction. On m’y a poussé et, dans cette voiture, j’ai été surpris, parce qu’il y avait déjà un homme à l’intérieur, qui pleurait. Je le regardais pleurer et j’étais fasciné par sa glotte. Il avait une glotte qui montait et qui descendait. Quand il pleurait, sa glotte s’agitait et je trouvais ça très intéressant. C’est ce qui m’a le plus marqué ce jour-là.
De ce moment qui, pour beaucoup, aurait été terrifiant, je n’ai aucun souvenir d’angoisse, ni le souvenir d’avoir eu peur. Je me souviens seulement avoir pensé que les adultes étaient vraiment absurdes. Tant d’armes, tant de camions pour arrêter un enfant! Je trouvais ça stupide.
 » (p. 57 et 58)

« En fait, dans mon enfance, j’ai certainement fait un travail de transformation de mes blessures et, par la suite, j’ai « fait quelque chose » de cette enfance fracassée. Ça m’a rendu complètement psychiatre et, très tôt, je me suis interrogé : « Quelle est cette manière d’établir des rapports entre les humains? Il faut que je comprenne ce qui se passe dans la vie. » (p. 60)

Histoire à rapprocher de cet article :
http://christian.bouthier.org/2009/06/12/l’inspecteur-principal jabot et le journaliste/.
Pendant la guerre, mon grand-père faisait parfois prévenir « certaines personnes » la veille qu’elles allaient « recevoir de la visite » le lendemain matin très tôt. Je me souviens très bien qu’il m’a raconté cela à deux ou trois reprises, sans me dire par qui et comment il faisait prévenir les gens.
C’est ma mère qui me l’a raconté elle-même l’an dernier, peu après le décès de Papa. Elle m’a dit que son père lui disait de se rendre à bicyclette à telle adresse et de dire : « Vous aurez de la visite demain matin », pas un mot de plus, pas un de moins. Et elle devait repartir aussitôt comme elle était venue.
jabot_edmond.jpgComme à l’époque, mes grands-parents et ma mère habitaient Le Bouscat, et qu’elle faisait les « commissions » à bicyclette, son rayon d’action était relativement limité. Mon grand-père devait aussi très probablement faire attention à ne pas éveiller les soupçons en ne faisant pas prévenir que des gens du quartier pour ne pas se faire lui-même -et sa propre fille, ma mère- arrêter par la Gestapo et déporter.
Car c’est ce qui était arrivé à son collègue et meilleur ami dont il sortait parfois la photo en disant : « Tu vois, lui, il est mort en déportation ». Comme j’étais enfant, il n’ajoutait pas de détails sur ce que le collègue avait pu subir, probablement la torture avant d’être envoyé dans un camp mais on sentait l’émotion dans sa voix.
Je ne sais combien de personnes ont ainsi pu être sauvées par mon grand-père et ma mère, au péril de leur vie…
jabot_georgette.jpgEn tout cas, une jeune fille de 17 ans sur sa bicyclette n’éveillait pas les soupçons , mais que devait-il se passer dans son coeur et dans celui de son père qui faisait ainsi courir un risque certain à sa fille et qui mettait sa propre vie en danger?
Je vous laisse l’imaginer…
Je publierai un jour une vidéo dans laquelle Maman raconte elle-même un de ses épisodes.

PS: Je viens d’avoir Maman au téléphone et nous avons évoqué ces « transmissions d’information à bicyclette ». « Oh, c’était normal, m’a-t-elle répondu! Ce que je faisais était normal et beaucoup de gens le faisaient ».

Vincent Vergone, un artiste original qui fait son petit cirque

Sculpteur, réalisateur de courts-métrages, créateur de spectacles d’images, Vincent Vergone est un artiste aux moyens d’expression multiples. L’unité de son œuvre se révèle dans l’intérêt qu’il porte de manière générale à l’image, qu’elle soit plane ou en volume, fixe ou animée dans un mouvement, prête à s’envoler d’un coup de vent, et à s’évanouir fugitivement hors-cadre. Ainsi, ses gravures nous apparaissent dans l’entre-deux de l’image fixe et de l’image en mouvement.

Il se produit à Paris et en province, parfois aussi à l’étranger.
Un article lui est consacré, ainsi qu’à ses spectacles et créations diverses sur le site japonais http://www.nikkanberita.com/ (lien direct vers l’article)

Voici une de ses créations récentes : « Dans la plaine les Baladins » sur le site de vimeo.com (voir les créations de Vincent Vergone sur vimeo.com)

Dans la plaine les Baladins from Vincent Vergone on Vimeo.

Le syndrome de l’imposteur

L’autre jour, j’ai rencontré un collègue qui m’a dit que juste après son arrivée dans l’entreprise où je travaille, il avait été atteint du syndrome de l’imposteur. Je ne connaissais pas du tout ce syndrome et ça m’a étonné.

Voici ce que Wikipédia en dit ici :
Les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail. Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs.

Il s’agirait en l’occurrence d’un fantasme masochiste sapant les mécanismes narcissiques et polluant l’existence du sujet affecté. 60 à 70% des personnes douteraient, à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leurs succès. Ces pensées négatives sont généralement dépassées par une certaine clairvoyance, mais elles peuvent finir par devenir invalidantes.

Pour d’autres le complexe de l’imposteur est lié à la peur de réussir et empêche les personnes qui en sont victimes de développer pleinement leur potentiel. Inconsciemment convaincues que leur réputation est usurpée, ces dernières fuient toute possibilité qui leur permettrait d’aller encore plus loin. Ces personnes vivent dans le doute et pensent qu’un jour elles seront démasquées et que quelqu’un fera la preuve de leur incapacité.

D’après mon collègue, ce syndrome toucherait beaucoup de gens ayant réellement réussi et reconnus dans leur domaine, tels que des avocats, des chercheurs et autres professions intellectuelles.
Étonnant, n’est-ce pas!

Le blog ci-dessous présente le même problème sous un angle assez humoristique que j’ai bien aimé.

http://xave.org/post/2007/05/09/820-le-syndrome-de-l-imposteur

D’excellentes critiques de films

Un ami rédige des critiques de films sur son blog, je vous le présente :
http://www.planeteblog.com/blogcine/ car je les trouve vraiment excellentes!

Même quand je n’ai pas vu les films dont il parle, c’est très bien argumenté et amusant et, en général, ça donne vraiment envie de les voir ou de les éviter, selon son choix. Et lorsque j’ai déjà vu les films cités, je suis à 90% d’accord avec ce qu’il en dit!
J’espère pour lui qu’il pourra en vivre un jour et, pourquoi pas, passer à la télé pour présenter le ciné-club!

Préserver la neutralité d’Internet

On en parle beaucoup en ce moment et cet article fait le point sur le sujet de la la neutralité d’Internet en rappelant que « c’est le principe qui veut que tout le monde ait accès au même Internet. Il n’y a pas de discrimination sur le réseau, en fonction de l’émetteur, du récepteur ou de la nature des données transmises ».

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/09/21/la-neutralite-d-internet-est-elle-en-danger_1243306_651865.html

Séparer le rentable du non-rentable : la maladie du siècle

« JAL – Les créanciers veulent séparer le rentable du reste. » (Journal Nikkei, Japon)
Voilà bien une des maladies du siècle : vouloir « à tout prix » séparer le rentable du non-rentable.
On nous parle en France de « lignes rentables » et de « lignes non-rentables » aussi bien à la SNCF que pour des compagnies aériennes.
Même si la logique économique correspond à quelque chose de bien réel -la nécessité pour une entreprise d’être viable financièrement, et qui peut certainement sembler nécessaire en ne considérant que la partie d’un problème, je crois que cela relève de ce que l’on appelle communément « ne pas voir plus loin que le bout de son nez ».
Car « non-rentable » à court terme pour une entreprise ne signifie pas pour autant que le maintien d’une activité n’apportera pas un minimum de richesses -au sens le plus large possible de ce mot- à une communauté, une ville, une région, un pays.
Dans le Sud-Ouest, par exemple, il existait autrefois une ligne de chemin de fer allant de Bordeaux à Mont-de-Marsan en passant par Labrit (un tracé différent de l’actuel). Elle a été supprimée vers la fin des années 50 ou au début des années 60 parce que non-rentable. En remplacement, on a mis une ligne de cars -privée- qui, elle aussi a été supprimée plus tard, car car non-rentable.
Résultat, de nombreux villages des Landes comme Labrit, et bien d’autres situés sur la ligne et alentours, n’ayant aucun moyen de transport en commun à leur disposition et une économie locale n’ayant pas de circulation stable, comme un poumon ou un membre n’ayant plus de « circulation ».
Mais est-ce qu’on ampute un membre n’ayant qu’une faible circulation? Non! Car on considère l’ensemble du corps, du système et qu’il y a une solidarité entre les membres.
En poussant la logique économique à son extrême, on doit normalement supprimer des tronçons de ligne. C’est d’ailleurs déjà fait en de nombreux endroits. Mais ce phénomène pourrait s’accentuer à l’extrême! On verra bientôt peut-être un Paris-Montpellier morcelé en tronçons « train rentable » et en d’autres qu’il faudra faire à pied, ses valises à la main…

J’ai un petit exemple où l’on n’a pas supprimé du soi-disant « non-rentable » et où ça continue à bien fonctionner, et même, ça fonctionne mieux.
Le Centre Culturel rattaché à mon université, à Matsudo (Japon), dispense des cours pour le grand public. Il y a quelques années, j’ai fait développer le nombre de cours de français afin d’en élargir l’offre. Ceci a permis de passer d’un seul cours avec 30 personnes (et une dizaine en liste d’attente!) à 6 ou 7 cours de niveaux variés permettant de mieux répondre à la demande du public. Dans le même temps, j’ai négocié directement avec le directeur du Centre Culturel, sur la base d’une forte demande des élèves, afin de limiter le nombre d’élèves à 25 par cours (depuis quelques années, ramené à 18 ou 20).
Nous avons ainsi pu avoir des cours comprenant entre 10 et 25 élèves, apportant un niveau de satisfaction élevé des utilisateurs si l’on en juge par les résultats des enquêtes réalisées après chaque session de formation de 3 mois. Et, rien que pour le français et ses disciplines connexes, nous avons eu jusqu’à 89 clients pour un seul trimestre.
Parfois, il a été question de supprimer des cours ayant moins de 10 élèves inscrits. J’ai alors demandé aux responsables de considérer la rentabilité pour l’ensemble des cours de français sur une année et de conserver les cours qui leur semblaient moins rentables -ou non-rentables- car, selon moi, ils présentaient au moins 2 avantages:
– leurs étudiants sont des étudiants potentiels pour d’autres cours ;
– conserver un cours permet d’apporter une satisfaction aux élèves qui en bénéficient (ne serait que par la continuité du service!) qui rejaillit positivement sur l’ensemble du système.
Cette argumentation a été entendue et certains cours ont vu leur nombre d’élèves descendre à 4 pour certains trimestres!
Le temps me manque pour apporter une conclusion mais je crois que ces modestes exemples sont assez éloquents et montrent bien qu’il ne faut pas aborder les problèmes en les coupant de leur environnement. C’est, du reste, une question de simple bon sens.

La gare de Bordeaux

Soyez sur vos gardes à la gare de Bordeaux et dans le quartier! Ça fait 3 fois que j’y suis victime d’un vol ou d’une arnaque.
La première fois, c’était il y a plus de 10 ans, un voleur avait repéré que mon fils portait un sac (pour m’aider, nous étions 5!) et il le lui avait pris : dedans, un chéquier, une carte visa. J’avais fait immédiatement opposition.
La deuxième fois, j’avais acheté une recharge pour mobicarte et elle était déjà périmée. Après avoir téléphoné je ne sais combien de fois au service des réclamations, puis envoyé un courrier, j’avais enfin été remboursé, deux jours avant mon retour au Japon.
La 3e fois, c’était ce matin… mais j’étais sur mes gardes et j’ai trouvé une parade.
Au magasin « Relay » situé au sous-sol de la gare St-Jean, j’ai demandé une télécarte de 50 unités. J’étais assez surpris de voir un enfant de 12 ans (en apparence) à la caisse… Il a essayé de me refiler une carte non-emballée, ce qui ne m’a pas emballé non plus… car il n’avait pas très l’air sûr de lui. J’ai donc refusé et demandé une carte dans son emballage.
Bon… « où est l’arnaque » me direz-vous. Eh bien, je suis presque certain que la carte était vide ou déjà utilisée en partie.
Je suppose qu’il travaillait avec son père… Pas mal comme business… hein! Si le client revient la rapporter, le caissier peut toujours la reprendre et rembourser ou même refuser en disant qu’il ne peut rien faire et qu’il faut en reprendre une. Allez prouver que la carte qu’on vous a vendue n’était pas emballée!
Si le client-pigeon (voyageur) a déjà pris le train, il y a de fortes chances pour qu’il ne vienne jamais faire une réclamation au magasin.
Si j’étais le responsable de la chaîne, je piégerais le caissier indélicat (vidéo, etc.) et le ferais virer immédiatement, sans préjudice des poursuites pénales.

Travail le dimanche : une nouvelle loi a été adoptée par les députés

Le Monde du 16 juillet 2009 :
Les députés ont adopté, mercredi 15 juillet, par 282 voix contre 238 la proposition de loi qui prévoit la possibilité d’ouvrir les commerces le dimanche dans les communes dites « d’intérêt touristique » ou thermales ainsi que dans les grandes zones commerciales des agglomérations de Paris, Lille et Marseille.
Les autres, ceux et celles qui ne sont pas « des villes d’intérêt touristique ou thermales… », circulez! Interdit aux commerçants d’augmenter leur chiffre d’affaires le dimanche!! Vous devez respecter la législation et surtout n’oubliez pas de payer vos impôts!