Contrôle des connaissances en argot d’Internet

Lu sur Wikipédia qui, une fois de plus m’a permis de développer mon vocabulaire!
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_termes_d’argot_Internet

bump
action de faire remonter un sujet dans la liste des sujets d’un forum (voir aussi up).

fake
« factice », « bidon ». En plus de l’anglicisme, le terme connait plusieurs utilisations particulières en informatique.

geek
personne ayant une passion, à laquelle elle consacre beaucoup de temps (informatique, figurines, consoles anciennes, etc.)

hello world
« bonjour le monde » : message typique dont l’affichage à l’écran représente souvent la première tâche à laquelle s’attelle un néophyte lors de ses premiers pas avec un langage informatique. Par extension, le programme écrit pour afficher ce message.

hacker
du verbe to hack (code) (« pondre du code ») : personne qui aime explorer les détails d’un système (souvent informatique) ou d’un programme pour en étendre ses capacités, par opposition à la plupart des utilisateurs, qui préfèrent apprendre le minimum nécessaire.

kick
coupure par un admin de la connexion d’un utilisateur à un serveur interactif (jeu en réseau, chat, etc.)

kikoulol, kikoolol
personne s’exprimant exclusivement en langage SMS (d’après « kikou/kikoo », formule de salutation et lol voir plus bas). Ce terme est péjoratif et suggère l’immaturité de la personne visée.

lol
laughing out loud (« (je) ris à gorge déployée ») ou lots of laughs (« beaucoup de rires ») ; équivalent français : mdr, pour « mort de rire ».

nolife
littéralement : « pas de vie », se dit d’une personne qui investit trop de temps dans une activité au détriment des autres aspects de sa vie.

newbie
abréviation de new boy, nouveau venu, néophyte – signifie « le nouveau », « le bleu » (utilisé généralement avec une connotation péjorative) (antérieur à l’Internet).

noob2,3
débutant ou mauvais (troncation de newbie).

OMG/OMFG, omg/omfg
oh my god (oh mon dieu), oh my fucking god (la même mais en plus expressif, équivaut à « putain »).

owned
(« possédé ») humilié par un plaisantin plus malin ou un joueur plus fort. S’être fait avoir ou encore « je t’ai eu ».

plussoyer, moinsoyer
souscrire ou ne pas souscrire aux propos d’un autre intervenant (verbes créés à partir des abréviations « +1 » et « -1 »).

Pwned, pwnd, etc.
variante de owned en plus fort, cependant ce n’est que le résultat d’une faute de frappe, le o et le p étant deux touches situées l’une à côté de l’autre sur le clavier. Peut aussi parfois être développé en perfect owned ou perfectly owned6.

troll
nom donné aux perturbateurs ou provocateurs sur les forums. Désigne aussi parfois la discussion ainsi perturbée.

up
action de faire remonter un sujet dans la liste des sujets d’un forum (voir aussi « bump »).

woot/w00t
néologisme anglais : interjection d’origine incertaine marquant la satisfaction. Certains lui donnent la signification « we owned the other team » ».

Abréviations

Pour accélérer les échanges au moyen des outils de messagerie instantanée divers mots sont écrits phonétiquement ou sous forme abrégée. De nombreuses abréviations sont des abréviations sténographiques standard ou des abréviations utilisées en langage SMS, mais un certain nombre d’abréviations se sont développées spécifiquement sur internet du fait des communications sous forme de dialogues.

En anglais

Les expressions en anglais sont parfois utilisées dans des conversations en français.
a – e

AFAIK, afaik
as far as I know — « pour autant que je sache »
Cette abréviation connaît plusieurs variantes : AFAICT (as far as I can tell — « pour autant que je puisse dire »), AFAICS (as far as I can see — « de ce que j’en vois »), AFAIU (as far as I understand — « pour ce que j’en comprends »), etc.

afk
away from keyboard (« ne suis plus au clavier, suis absent »).

ASAP, asap
as soon as possible (« dès que possible »).

asl
age, sex and location3
Cette abréviation a pour équivalent français asv (« âge, sexe, ville »).

bbl ou bbl8r, bbs, brb
respectivement be back later (« je reviendrai plus tard »), be back soon (« de retour bientôt ») et be right back (« je reviens tout de suite »).

BTW, btw
by the way (« au fait », « à ce propos »).

CU, cu
see you [later] (« à plus [tard] »)

cul8r9
see you later (« au revoir »).

f – j

FAQ, faq
frequently asked questions (« foire aux questions »).

FWIW, fwiw
for what it’s worth (« pour ce que ça vaut », « ça vaut ce que ça vaut »).

FYI, fyi
for your information (« pour ta gouverne », « à titre d’information »).

GG, gg
good game (de good, bon, et game, jeu ; utilisé pour indiquer qu’une partie était agréable à jouer dans les jeux en réseaux).

GL
good luck (« bonne chance »).

gtfo
get the fuck out – vulgaire – (« dégage ! »).

HF
have fun (« amusez-vous bien »).

IRL, irl
in real life (« dans la vie réelle », par opposition au monde virtuel)9.

IDK, idk
I don’t know (« je ne sais pas »).

IMO/IMHO, imo/imho
in my opinion/in my humble opinion (équivalent français : àmha, « à mon humble avis »).

jk
just kidding (« je plaisante »).

kewl
cool9.

k – o

kk
Okay (« d’accord »).

lmao
laughing my ass off (« (je) ris à ce que le cul m’en tombe ») — voir aussi rofl et roflmao.

l2p
learn to play (« apprend à jouer »).
Cette abréviation est souvent déclinée sous la forme « l2XXX », où XXX est un verbe.

n1
nice one (« joli coup », « pas mal comme coup »).

np ou nop
no problem (« pas de problème »).

ns
nice shot (« beau tir », « joli tir »).

NSFW, nsfw
Not safe for work (à ne pas regarder au travail, souvent caractère pornographique ou déplacé d’un article/site/image à ne pas regarder n’importe où).

O RLY?
Oh, really? (« Oh, vraiment ? », utilisée de manière sarcastique, souvent en réponse à une déclaration évidente, prévisible, ou manifestement fausse)

otoh
on the other hand (« d’un autre côté », « d’autre part »).

p – t

p911
parents 911 (« je pars quelques instants, mes parents arrivent », aussi utilisé dans les MMORPG), 911 étant le numéro d’appel des urgences dans plusieurs pays comme le Canada et les États-Unis3.

p2p
peer to peer (« (de) pair à pair »).

pedobear
ours pédophile.

pm
private message (« message privé »).

Art ascii animé

ROFL, rofl
rolling on the floor laughing (« (je) me roule de rire par terre »)
Se rencontre également sous les formes rotfl, r0fl, etc.

ROFLMAO, roflmao
variante de ROFL : rolling on the floor laughing my ass off (« (je) me roule par terre de rire à en exploser »).

RP
Role Play Tout ce qui concerne le personnage d’un jeu, utilisé dans les jeux de rôles où l’on doit parler comme si on était son personnage.

RTFM, rtfm
read the fucking manual (« lisez le foutu manuel », « regarde dans ce putain de mode d’emploi »).

STFU, stfu
shut the fuck up forme vulgaire de shut up (« tais-toi ! »).

SUP, sup
what’s up (« quoi de neuf ? »). Autre forme : WU.

TMI, tmi
too much information (« trop d’informations », « je ne tenais pas à le savoir »).

tl;dr
too long, didn’t read (« trop long, pas lu » — se dit d’un texte peu engageant).
TTYL, ttyl
talk to you later (« on se rappelle plus tard »).

u – z[modifier]

WOW, wow
World of Warcraft (MMORPG).

WTF, wtf
what/who the fuck3? (« c’est quoi ce bordel ? ») ; l’expression peut être tout aussi bien non verbale (WTF ?) que verbale (WTF did he say ?).

En français

Certaines des abréviations anglaises présentées plus haut sont couramment utilisées au sein de conversations en français. La liste suivante ne contient pas les émoticônes et les termes issus du langage SMS.

** ou **
l’encadrement par les astérisques est utilisé pour décrire une action (d’après IRC).

+1, -1
« +1 personne à le penser » ⇔ « je pense la même chose » ⇔ « je suis d’accord » : souscrire ou ne pas souscrire aux propos de l’intervenant précédent (existe sous de nombreuses variantes destinées à renforcer le sentiment d’accord ou de désaccord : +1000, etc.).

/me
« moi » (d’après la commande « /me » qui permet sous IRC d’afficher son pseudonyme).

asv.
« age / sexe / ville ? », invitation à se présenter.

cb
« combien »

cmb
« comme ma bite ».(cette dernière étant souvent utilisée après un adjectif décrivant une taille, généralement grande).

ctb
« comme ta bite » (Se rencontre souvent après un adjectif décrivant une taille, le plus souvent petite).

dsl
« désolé ».

DTC, dct
« dans ton cul ».[réf. nécessaire]

osef, oseb et autres variantes
« on s’en fout », « on s’en branle », etc.

MÀJ, màj
« mise à jour ».

mdr
« mort de rire »(traduction de lol). (On commence aussi à trouver des apparitions comme rdm (mdr en verlan), ou mdl (mort de lol, et sa variante verlan ldm), ou ptdr (pété de rire), xpdr (explosé de rire)… et autres variantes.)

pk, pq, pkoi
« pourquoi ».

pv
« en privé », « message privé ».

re
« rebonjour ».

stp
« s’il te plait ».

tfk
« tu fais quoi ? ».

talc
« topic à la con. »

tmtc
« toi même tu sais ».

tkt
« ‘t’inquiète’ » ⇔ « ne t’inquiète pas. »

VDM, vdm
« vie de merde » (d’après le site viedemerde. fr ).

1984 de George Orwell, lu en… 1984

Redécouvert récemment avec grand plaisir le Novlangue dans Wikipédia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Novlangue
J’avais lu 1984 en anglais justement cette année-là.

Extrait de Wikipédia :
Le novlangue est utilisé dans la trame même du récit, mais il fait aussi l’objet d’un bref développement analytique à la fin du roman, dans une annexe fictive intitulée The Principles of Newspeak.

Langue officielle d’Oceania, le novlangue fut créé pour satisfaire les besoins idéologiques de l’Ingsoc (pour English Socialism) : il doit favoriser la parole officielle et empêcher l’expression de pensées hétérodoxes ou critiques. En 1984, l’usage du novlangue n’était pas encore très répandu et il n’était alors maîtrisé à l’oral et à l’écrit que par des spécialistes ; mais il est destiné à remplacer totalement le Oldspeak (ou anglais standard), un objectif fixé pour les années 2050. Son usage se répand constamment ; les membres du parti tendent de plus en plus à utiliser le vocabulaire et la grammaire novlangues.

Selon l’auteur de l’annexe, le novlangue utilisé en 1984 repose sur les neuvième et dixième éditions du Newspeak Dictionary, « des éditions provisoires et qui contiennent encore beaucoup trop de mots inutiles et de constructions archaïques destinées à être supprimées ultérieurement. », ce qu’a réalisé la 11e édition.

Un livre à lire et relire et qui restera toujours d’actualité!

La minuscule caroline (écriture)

Lu dans « Les alphabets de l’oubli » (de Valère-Marie Marchand, éd. Alternatives), page 18, à propos de Charlemagne qui « entre en guerre contre l’illetrisme » :
« Son plan de bataille? la promotion des connaissances, la diffusion de la culture sous toutes ses formes et la régression, à plus ou moins brève échéance, de l’analphabétisme. Son point fort? La création de monastères qui deviennent des satellites de l’empire et d’une écriture la ‘caroline’ qui fait désormais fonction d’ambassadrice. Cette minuscule est adoptée par les monastères de Catalogne, séduit les abbayes d’Outre-Manche et fait une entrée remarquée à Rome où elle concurrence sérieusement l’écriture curiale. »
Pour en savoir plus, lire le livre (!) et l’article détaillé de Wikipédia en français sur la minuscule caroline (écriture).
Extrait :
Caractéristiques
« La minuscule caroline est homogène et régulière, avec des formes arrondies claires, mais surtout lisibles. Elle établit des règles d’écriture qui n’étaient pas systématiques auparavant, comme la séparation des mots au moyen d’une espace. »

La preuve de Fermat enfin révélée par… Fermat en personne!

Une nouvelle traduction, vraisemblablement inconnue du public, de la Note en Latin de Fermat publiée dans l’ARITHMETICA (édition de 1670, page 61) a été dûment expertisée par un Professeur, Docteur spécialisé en latin médiéval. Elle suggère une démonstration très élémentaire (en 3 lignes de calcul!) du Grand Théorême de Fermat.

Cette étude détaillée faite par Monsieur Roland Franquart se trouve sur son site http://franquart.fr.

Vous y découvrirez  l’explication détaillée du cryptage de nature strictement typographique choisi par Fermat.

Par ailleurs, vous découvrirez aussi le décryptage de nature alphabétique qui tient compte du double-sens du mot latin « detexi », lequel se disait des matériaux construits comme les fils d’un tissu.

C’est pourquoi Monsieur Roland Franquart aimerait avoir une expertise n’utilisant que les « outils » mathématiques du XVIIème siècle, évidemment.

Voir l’image ci-dessous, à : « OBSERVATIO DOMINI PETRI DE FERMAT’.

page 61 de l'ARITHMETICA, édition 1670
page 61 de l'ARITHMETICA, édition 1670

« Je me souviens » de Boris Cyrulnik + mon grand-père et ma mère

cyrulnik-boris.jpg« Je me souviens… » est un tout petit livre (mais immense par son contenu) de Boris Cyrulnik (éd. Odile Jacob), un psychiatre et éthologue bien connu pour avoir développé le concept de résilience.
Né à Bordeaux en 1937, il se retrouve orphelin et, caché par une personne, réussit à échapper aux rafles. Dénoncé, puis arrêté en pleine nuit par la police française en 1944, il réussit, encore, à s’échapper et à passer entre les mailles du filet.
Extraits :
« Et puis unjour, ou plutôt une nuit – c’était tôt le matin quand j’ai été arrêté -, la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C’étaient des Allemands mais j’ai été arrêté par la police française. Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi! J’en ai alors conclu que j’étais quelqu’un de très important, ce qui m’a rendu mégalomane pour le restant de ma vie! » (p. 56)

« On m’a alors demandé de monter dans une traction. On m’y a poussé et, dans cette voiture, j’ai été surpris, parce qu’il y avait déjà un homme à l’intérieur, qui pleurait. Je le regardais pleurer et j’étais fasciné par sa glotte. Il avait une glotte qui montait et qui descendait. Quand il pleurait, sa glotte s’agitait et je trouvais ça très intéressant. C’est ce qui m’a le plus marqué ce jour-là.
De ce moment qui, pour beaucoup, aurait été terrifiant, je n’ai aucun souvenir d’angoisse, ni le souvenir d’avoir eu peur. Je me souviens seulement avoir pensé que les adultes étaient vraiment absurdes. Tant d’armes, tant de camions pour arrêter un enfant! Je trouvais ça stupide.
 » (p. 57 et 58)

« En fait, dans mon enfance, j’ai certainement fait un travail de transformation de mes blessures et, par la suite, j’ai « fait quelque chose » de cette enfance fracassée. Ça m’a rendu complètement psychiatre et, très tôt, je me suis interrogé : « Quelle est cette manière d’établir des rapports entre les humains? Il faut que je comprenne ce qui se passe dans la vie. » (p. 60)

Histoire à rapprocher de cet article :
http://christian.bouthier.org/2009/06/12/l’inspecteur-principal jabot et le journaliste/.
Pendant la guerre, mon grand-père faisait parfois prévenir « certaines personnes » la veille qu’elles allaient « recevoir de la visite » le lendemain matin très tôt. Je me souviens très bien qu’il m’a raconté cela à deux ou trois reprises, sans me dire par qui et comment il faisait prévenir les gens.
C’est ma mère qui me l’a raconté elle-même l’an dernier, peu après le décès de Papa. Elle m’a dit que son père lui disait de se rendre à bicyclette à telle adresse et de dire : « Vous aurez de la visite demain matin », pas un mot de plus, pas un de moins. Et elle devait repartir aussitôt comme elle était venue.
jabot_edmond.jpgComme à l’époque, mes grands-parents et ma mère habitaient Le Bouscat, et qu’elle faisait les « commissions » à bicyclette, son rayon d’action était relativement limité. Mon grand-père devait aussi très probablement faire attention à ne pas éveiller les soupçons en ne faisant pas prévenir que des gens du quartier pour ne pas se faire lui-même -et sa propre fille, ma mère- arrêter par la Gestapo et déporter.
Car c’est ce qui était arrivé à son collègue et meilleur ami dont il sortait parfois la photo en disant : « Tu vois, lui, il est mort en déportation ». Comme j’étais enfant, il n’ajoutait pas de détails sur ce que le collègue avait pu subir, probablement la torture avant d’être envoyé dans un camp mais on sentait l’émotion dans sa voix.
Je ne sais combien de personnes ont ainsi pu être sauvées par mon grand-père et ma mère, au péril de leur vie…
jabot_georgette.jpgEn tout cas, une jeune fille de 17 ans sur sa bicyclette n’éveillait pas les soupçons , mais que devait-il se passer dans son coeur et dans celui de son père qui faisait ainsi courir un risque certain à sa fille et qui mettait sa propre vie en danger?
Je vous laisse l’imaginer…
Je publierai un jour une vidéo dans laquelle Maman raconte elle-même un de ses épisodes.

PS: Je viens d’avoir Maman au téléphone et nous avons évoqué ces « transmissions d’information à bicyclette ». « Oh, c’était normal, m’a-t-elle répondu! Ce que je faisais était normal et beaucoup de gens le faisaient ».

Vincent Vergone, un artiste original qui fait son petit cirque

Sculpteur, réalisateur de courts-métrages, créateur de spectacles d’images, Vincent Vergone est un artiste aux moyens d’expression multiples. L’unité de son œuvre se révèle dans l’intérêt qu’il porte de manière générale à l’image, qu’elle soit plane ou en volume, fixe ou animée dans un mouvement, prête à s’envoler d’un coup de vent, et à s’évanouir fugitivement hors-cadre. Ainsi, ses gravures nous apparaissent dans l’entre-deux de l’image fixe et de l’image en mouvement.

Il se produit à Paris et en province, parfois aussi à l’étranger.
Un article lui est consacré, ainsi qu’à ses spectacles et créations diverses sur le site japonais http://www.nikkanberita.com/ (lien direct vers l’article)

Séparer le rentable du non-rentable : la maladie du siècle

« JAL – Les créanciers veulent séparer le rentable du reste. » (Journal Nikkei, Japon)
Voilà bien une des maladies du siècle : vouloir « à tout prix » séparer le rentable du non-rentable.
On nous parle en France de « lignes rentables » et de « lignes non-rentables » aussi bien à la SNCF que pour des compagnies aériennes.
Même si la logique économique correspond à quelque chose de bien réel -la nécessité pour une entreprise d’être viable financièrement, et qui peut certainement sembler nécessaire en ne considérant que la partie d’un problème, je crois que cela relève de ce que l’on appelle communément « ne pas voir plus loin que le bout de son nez ».
Car « non-rentable » à court terme pour une entreprise ne signifie pas pour autant que le maintien d’une activité n’apportera pas un minimum de richesses -au sens le plus large possible de ce mot- à une communauté, une ville, une région, un pays.
Dans le Sud-Ouest, par exemple, il existait autrefois une ligne de chemin de fer allant de Bordeaux à Mont-de-Marsan en passant par Labrit (un tracé différent de l’actuel). Elle a été supprimée vers la fin des années 50 ou au début des années 60 parce que non-rentable. En remplacement, on a mis une ligne de cars -privée- qui, elle aussi a été supprimée plus tard, car car non-rentable.
Résultat, de nombreux villages des Landes comme Labrit, et bien d’autres situés sur la ligne et alentours, n’ayant aucun moyen de transport en commun à leur disposition et une économie locale n’ayant pas de circulation stable, comme un poumon ou un membre n’ayant plus de « circulation ».
Mais est-ce qu’on ampute un membre n’ayant qu’une faible circulation? Non! Car on considère l’ensemble du corps, du système et qu’il y a une solidarité entre les membres.
En poussant la logique économique à son extrême, on doit normalement supprimer des tronçons de ligne. C’est d’ailleurs déjà fait en de nombreux endroits. Mais ce phénomène pourrait s’accentuer à l’extrême! On verra bientôt peut-être un Paris-Montpellier morcelé en tronçons « train rentable » et en d’autres qu’il faudra faire à pied, ses valises à la main…

J’ai un petit exemple où l’on n’a pas supprimé du soi-disant « non-rentable » et où ça continue à bien fonctionner, et même, ça fonctionne mieux.
Le Centre Culturel rattaché à mon université, à Matsudo (Japon), dispense des cours pour le grand public. Il y a quelques années, j’ai fait développer le nombre de cours de français afin d’en élargir l’offre. Ceci a permis de passer d’un seul cours avec 30 personnes (et une dizaine en liste d’attente!) à 6 ou 7 cours de niveaux variés permettant de mieux répondre à la demande du public. Dans le même temps, j’ai négocié directement avec le directeur du Centre Culturel, sur la base d’une forte demande des élèves, afin de limiter le nombre d’élèves à 25 par cours (depuis quelques années, ramené à 18 ou 20).
Nous avons ainsi pu avoir des cours comprenant entre 10 et 25 élèves, apportant un niveau de satisfaction élevé des utilisateurs si l’on en juge par les résultats des enquêtes réalisées après chaque session de formation de 3 mois. Et, rien que pour le français et ses disciplines connexes, nous avons eu jusqu’à 89 clients pour un seul trimestre.
Parfois, il a été question de supprimer des cours ayant moins de 10 élèves inscrits. J’ai alors demandé aux responsables de considérer la rentabilité pour l’ensemble des cours de français sur une année et de conserver les cours qui leur semblaient moins rentables -ou non-rentables- car, selon moi, ils présentaient au moins 2 avantages:
– leurs étudiants sont des étudiants potentiels pour d’autres cours ;
– conserver un cours permet d’apporter une satisfaction aux élèves qui en bénéficient (ne serait que par la continuité du service!) qui rejaillit positivement sur l’ensemble du système.
Cette argumentation a été entendue et certains cours ont vu leur nombre d’élèves descendre à 4 pour certains trimestres!
Le temps me manque pour apporter une conclusion mais je crois que ces modestes exemples sont assez éloquents et montrent bien qu’il ne faut pas aborder les problèmes en les coupant de leur environnement. C’est, du reste, une question de simple bon sens.

Les échecs féériques

Papa aimait bien les échecs et jouer avec nous, ses enfants. Et nous aimions bien jouer avec lui…
Ça fait un moment que je lis « Le guide des échecs » (de Nicolas Giffard et Alain Biénabe, éd. Robert Laffont) et je suis arrivé au chapitre qui traite des échecs féériques.
Les échecs sont déjà un jeu complexe mais là, on a affaire à des variantes d’une extrême richesse et c’est vraiment époustouflant.
Petit inventaire à la Prévert… Je n’en choisis que quelques-uns que j’ai trouvé les plus marrants en résumant l’explication :

– les échecs cannibales : les pièces d’un même camp se prennent entre elles;
– les échecs fusils : on prend à distance, sans bouger sa pièce comme si on tirait sur les pièces de son adversaire. On ne rate jamais la cible!
– les échecs monochromatiques : les cases de départ et d’arrivée de chaque coup doivent être de même couleur;
– les échecs bichromatiques : l’inverse du précédent;
– Les échecs gravitation;
– les échecs poursuite;
– les échecs dynamo : pas de prise mais les pièces peuvent repousser ou aspirer celles de l’adversaire;
– les échecs gravitation : toute pièce (sauf les rois et les pions) qui joue, effectue un mouvement classique puis glisse d’une case verticalement vers son camp. L’effet de gravitation!

Il y en a plein d’autres et je ne vous parle pas des problèmes avec des pièces différentes comme la sauterelle, les pièces paralysantes, les pièces rayon X, les pièces volages, etc. !!

Je vais en citer également un dans mon blog Japon car il a un nom très particulier : les échecs Kamikazes !

Si j’avais le temps, faudrait que je fasse des stages avec mon frère Jacques qui touche plutôt sa bille, ou avec Jacques Pineau, un Français du Japon qui a un niveau très élevé (et même plus que ça!). Il a écrit des articles dans france-japon.net il y a déjà quelque temps sur les échecs et le shôgi (voir ici et ici).

50 mots pour comprendre le développement durable (Patrice Zana)

50 mots pour comprendre le développement durable
C’est le titre d’un petit livre de Patrice Zana (éd. Alternatives, collection « petits carnets utiles ») qui présente et explique 50 mots-clés et expressions du développement durable.
Très simple, c’est un bon ouvrage pour découvrir en douceur ce qu’est le développement durable et tout ce qui est en relation avec ce concept.
J’ai traduit la liste de vocabulaire en japonais dans le cadre de mon cours sur le français des médias à l’université Nihon.
Voici la liste des termes :
agenda 21
agrocarburants = biocarburant
biodiversité
Charte d’Aalborg
commerce équitable
compensation carbone
consom’action
crise alimentaire
Déclaration de Rio
déforestation
développement durable
diversité
eau
éco-conception
écogestes
écolabels
écologie à la ville
écotaxe
énergies renouvelables
empreinte écologique
facteur 4
gaz à effet de serre
pacte mondial (global compact)
greenwashing
Grenelle de l’environnement
gouvernance
GIEC Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat
HQE haute qualité environnementale
indice de développement humain
ISR investissement socialement responsable
loi NRE = Loi sur les nouvelles régulations économiques
négawatt (Negawatt power)
NIMBY Not In My Back Yard
OMD objectifs du millénaire pour le développement
OGM organisme génétiquement modifié
parties prenantes
pesticides
principe pollueur-payeur
principe de précaution
programme REACH Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques / Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals
protocole de Kyoto
rapport Brundtland
réchauffement climatique
responsabilité sociale des entreprises
sommet de Johannesburg
surpêche
Think globally, act locally
tourisme durable et solidaire
tri des déchets
triple bottom line : La Triple Bottom Line est la transposition de la notion de développement durable en entreprise.

L’inspecteur principal Jabot et le journaliste

jabot-edomd.jpg

Arrivé à Bordeaux après mon service militaire, j’ai habité quelque temps à la cité du Grand-Parc, un paquet d’immeubles et de tours massés sur une toute petite surface et regroupant 30000 habitants.
Un jour, mon voisin m’invite à prendre un café. Nous avions déjà échangé quelques mots et je savais qu’il était journaliste à Sud-Ouest et s’appelait « Philippon ».
Dans la discussion, alors que j’évoquais mon grand-père, Edmond Jabot, qui avait fait une carrière dans la police à Bordeaux, il s’écrie tout à coup : « Mais je le connais! J’ai même commencé ma carrière de journaliste en suivant ses enquêtes! »
Incroyable, n’est-ce pas! Et comme j’avais quelques photos avec moi, je les lui ai montrées. J’avais même une photo qui avait été prise par lui au cours d’une arrestation et qu’il avait donnée à mon grand-père.
Les inspecteurs de police avaient alors une apparence bien différente d’aujourd’hui et rien ne semblait les distinguer des truands qu’ils combattaient.
« Ton grand-père, il était toujours élégant, toujours tiré à quatre épingles. » « Il avait parfois sa photo dans le journal! »
À l’époque, il est vrai que les policiers avaient les honneurs de la presse lorsqu’ils avaient arrêté un gros bonnet du milieu ou un truand bien en vue.

Sur la photo, prise au Jardin Public de Bordeaux, l’inspecteur Jabot s’apprête à arrêter le militaire américain sur la droite. Je possède une autre photo sur laquelle on voit très bien les menottes qu’il tient à la main et s’apprête à utiliser.