Baden Powell

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Lorsque j’étais enfant, j’ai lu une bande dessinée retraçant la vie de Baden Powell, le célèbre fondateur du scoutisme, dont je garde un très bon souvenir (des 2). Cette BD était à la maison, elle avait dû être achetée par Papa pour mon frère Pierre qui était louveteau, et pour nous aussi, les autres enfants.
Wikipédia présente le message envoyé par BP aux scouts du monde entier à la fin de sa vie, alors qu’il s’était retiré au Kenya :
« Ceci est juste un petit mot d’adieu, pour vous rappeler, quand j’aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d’être heureux et de rendre les autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n’est-ce pas ? C’est tout d’abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure manière d’atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous.
J’ai eu une vie très heureuse, et j’aimerais qu’on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux et jouir de la vie. Ce n’est ni la richesse, ni le succès, ni l’indulgence envers soi-même qui créent le bonheur.
badenpowellpl.jpg L’étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre.
Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu’il ne l’était quand vous y êtes venus et quand l’heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n’avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ».
Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes.
Que Dieu vous aide.
Votre ami
Baden-Powell »

C’est beau, n’est-ce pas!

Après le phishing, le vishing…

Un article à lire pour éviter un nouveau genre d’escroquerie :
http://news.cnet.com/8301-1035_3-10244200-94.html?part=rss&subj=news&tag=2547-1_3-0-20.
Extrait :
What is vishing? The term « vishing » is a socially engineered technique for stealing information or money from consumers using the telephone network. The term comes from combining « voice » with « phishing, » which are online scams that get people to give up personal information.
How does it work? Typically attackers use a technique called caller ID spoofing to make it look like calls are coming from a legitimate or known phone number. It’s a very similar technique to email spoofing, which makes e-mail addresses look like they are coming from a trusted source. But because people typically trust the phone service and caller ID, spoofing phone numbers can be particularly damaging.
And just like with online phishing attacks, which direct consumers to phony Web sites, vishing attacks usually have a recorded message that tells users to call a toll-free number. The caller is then typically asked to punch in a credit card number or other personal information. In the case of the warranty scams, users are asked to buy a bogus extended warranty for their car, which can cost anywhere between $2,000 and $3,000.

La forêt landaise après le passage de la tempête Klaus le 24 janvier 2009

L’actualité, c’est bien mais les journalistes, ça oublie vite, ça zappe…
Une tempête d’une force phénoménale s’est abattue sur la France et notamment le sud-ouest le 24 janvier 2009. Qui en parle encore?
Pourtant, c’est environ 80% de la forêt landaise (une des plus grandes d’Europe) qui a été détruite! Les images sont éloquentes. Si vous avez l’occasion de passer par les Landes en voiture vous ne verrez que désolation. Apparemment, ça n’intéresse plus personne…
Je vous invite à voir quelques photos prises en mars. Accrochez-vous!
Et si vous avez envie de vomir sur votre télé qui vous raconte le monde vu par le petit bout de sa lorgnette, ne vous gênez pas…
Voir la série de photos ici :
http://www.france-japon.net/albumphotos/v/france/foret-landaise/

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Oraison funèbre pour Raymond Bouthier

« Tu ne t’es guère reposé, Papa, depuis ce printemps 1922, jusqu’à cet hiver 2009, où tu poses enfin tes valises. Entre la tempête de 2009, et celle de 1914.

Au sortir de cette guerre qui vous avait meurtris, même si vous étiez nés juste après, il en a fallu de l’amour à tes parents, nos grands-parents, pour vous en transmettre assez pour toute votre vie, à toi, à ton frère, à tes trois sœurs ici présentes, assez d’amour pour nous en redonner, à nous, les vingt-deux enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants, de Raymond et Georgette Bouthier.

Puis à dix-sept ans, encore adolescent, tu as connu la 2nde guerre. Tu as été déporté au STO. Tu as connu l’injustice, les douleurs de l’exil. Mais tu ne t’avouas pas vaincu : tu apprenais les langues, celle des Allemands pour contester leur pouvoir, et le polonais de tes camarades d’infortune. Tu écrivais des poèmes, dont il me revient ces deux vers :

« Il reste l’invisible fil
L’amour lointain de ceux que j’aime »

Est-ce en mémoire de cet exil que plusieurs d’entre-nous, enfants, petits-enfants, ont choisi des exils (plus ou moins temporaires), au Japon, en Italie, en Allemagne…

Et puis il y a eu les petits bals de la Libération, où une rencontre changea ta vie et permit la nôtre, une jeune fille superbe, une petite Labritoise, la fille de M. et Mme Jabot, Georgette, notre Maman.

Tout le reste de ta vie, marqué par l’injustice, l’oppression, mais aussi par l’amour, tu t’es battu pour le droit, la justice, les opprimés. Tu es devenu un chrétien de témoignage, de réflexion, engagé. Le journal de toute ta vie d’adulte, c’est Témoignage Chrétien (auquel tu es toujours abonné) et dont la devise est « Vérité, justice, quoi qu’il en coûte. »

Et il t’en a coûté. Tu as été militant, syndicaliste, et serviteur de l’état, serviteur fier du service public.

Directeur d’hôpital, tu l’as voulu au service de ceux qui souffraient, et d’ailleurs, dans le dernier mois de ta vie, dans ta toute récente résidence de retraite d’Albret, tu as fait malicieusement remarquer au directeur qu’il était ton collègue, que toi aussi, il y a quarante-six ans, tu étais directeur de maison de retraite. On appelait encore ça, à l’époque, un hospice, et tu as contribué à l’humaniser. Ce goût de la gestion et du service des autres, est perpétué par plusieurs de tes enfants et petits-enfants qui ont créé des entreprises ou gèrent des services.

Tu nous as aussi enseigné à tous le jeu d’échecs, passion dévorante pour plusieurs, à un moment ou un autre de nos vies.

Militant, tu l’as été jusqu’au bout. Tu défendais le droit des employés, le code du travail. Tes collègues directeurs d’hôpital à Bordeaux disaient de toi, un peu agacés : « Bouthier, il couche avec le Code ! »

Retraité, tu as continué à monter à Paris comme administrateur de la Sécurité Sociale. A Bordeaux, tu fus assesseur auprès du tribunal (pour les questions de Sécurité Sociale bien sûr).

Et si nous, tes enfants, avons pensé en 68 inventer un militantisme plus malin – et si plusieurs de nos enfants à leur tour reprennent cette ambition familiale, au-delà des chapelles et des drapeaux, c’est un peu à toi qu’ils le doivent, à ta foi, à tes valeurs, à ta générosité.

A la fin de ta vie, Maman et toi, vous avez eu la douleur indicible de perdre Françoise, votre fille, notre sœur – et puis, il y a six mois, Minouche, ma femme, votre fille qui vous aimait et s’occupa si bien de vous.

Je passerai sur les douleurs de la fin de la vie. Elles pèsent leur poids. Il t’a fallu du courage, Papa, mais un courage toujours discret, pour affronter tout cela et continuer à vivre avec optimisme, jusqu’au bout, marchant obstinément avec tes cannes, prenant les escaliers au prix de mémorables chutes, qui ne t’ont d’ailleurs pas arrêté.

Jusqu’au bout tu as fait de l’espagnol (tu le parlais encore l’an dernier avec Mme Caps à la fête des voisins à la Villette), tu as voulu apprendre le japonais pour mieux communiquer avec tes petits-enfants du Japon. Tu nous as communiqué ta curiosité de tout, ton goût « d’une âme saine dans un corps sain » ; le dernier mois tu lisais Françoise Dolto, l’Evangile au risque de la psychanalyse, et tu écoutais des chansons du pays du Nord, du pays de ta maman.

Pour tout cela, et pour tout l’amour que maman et toi, et toute la famille, vous nous avez transmis, merci à toi, Papa. Et repose-toi enfin. Nous t’aimons. »

Texte rédigé par Pierre Bouthier.

Décès de Papa ( Raymond Bouthier )

Voici l’avis nécrologique que nous avons fait insérer dans plusieurs journaux (Le Monde, Ouest-France (Argentan), Sud-Ouest (Bordeaux et Landes) :

LABRIT – BORDEAUX – ARGENTAN
Mme Georgette BOUTHIER, son épouse ;
Pierre, Christian et Laurence, Jacques, ses enfants ;
Soeur Thérèse, Paulette MALTA, Claudine FRANQUART, ses soeurs ;
Roland FRANQUART, son beau-frère ;
Vincent GAUTIER et Sandrine, Catherine GAUTIER, Loïc GOUËLLO et Marianne, Antoine, BOUTHIER, Clarisse BOUTHIER et Emmanuel, Jun, Shin, Ken BOUTHIER, Anaé NICOLAS–BOUTHIER, ses petits-enfants ;
Manon, Thibaut, Merlin, Soumia, Nora, Nouredinne, Raphaël, Adrien, Marguerite, ses arrière-petits-enfants ;
Mme Josseline MÉNUDIER, sa cousine ;
Parents et alliés,
ont la douleur de vous faire part du décès de
Monsieur Raymond BOUTHIER
ancien directeur d’hôpital
survenue dans sa 87e année.

Les obsèques seront célébrées le mardi 3 mars 2009 à 10h00 en l’église de Labrit (40420), suivies de l’inhumation au cimetière de Labrit.

Raymond Bouthier était attaché au Ministère de la Santé Publique et détaché en province. Il était « attaché-détaché » comme il aimait à le dire.

Les personnes qui le souhaitent peuvent transmettre ici leurs condoléances à la famille en publiant un commentaire. Nous ferons suivre.

Papa…

Voici deux liens concernant des articles sur Papa que j’avais publiés l’an dernier. D’autres suivront prochainement pour raconter quelques événements récents.
Ces deux articles racontent quelques épisodes de la vie professionnelle de Raymond Bouthier. Ils seront bientôt suivis d’un résumé de sa biographie.

http://christian.bouthier.org/2008/10/10/un-attache-detache-1/

http://christian.bouthier.org/2008/10/11/un-attache-detache-2/

Je vous souhaite une bonne lecture et en profite pour adresser mes meilleures salutations et remerciements à l’ensemble du personnel dévoué de la maison de retraite de L. ainsi qu’à toutes les personnes qui m’ont adressé des marques de sympathie récemment.
Détails très bientôt sur ce blog…

Ne leur dites jamais… (à lire!)

Je reviens sur le livre « Ne leur dites jamais…« , de Joseph et Caroline Messinger, avec une petite compilation des meilleurs conseils qu’il donne.
En italiques : Les phrases analysées.
En gras : un extrait des commentaires des auteurs.

J’aimerais bien que tu réussisses.
L’amour au conditionnel.

Mais bien sûr que je t’aime encore, mais il faut que je m’occupe de ton petit frère
La mère « tueuse » est une femme qui sacrifiera la chair de sa chair pour évacuer l’aversion tenace qu’elle entretient à l’égard du père de son enfant.
Remarque : Ici, le discours nous paraît excessif et même totalement déplacé. La mère dit peut-être maladroitement les choses mais de là à en tirer ces conclusions! Mais où les auteurs vont-t-ils chercher tout ça? Dans leur subconscient?

Je t’aime mieux avec cette robe qu’avec ce jean.
Il ne faut jamais mélanger l’amour et l’apparence.

Arrête d’ennuyer ta petite soeur, à la fin!
Pourquoi le petit garçon cesserait-il d’ennuyer sa petite soeur « avant la fin ».

Je vais te dire ce que tu dois faire.
Le parent qui accole les verbes « aller » et « dire » ne dit jamais ce qu’il pense et ne dit pas plus ce qu’il pense. (sic!)

Je vais te donner une claque sur les fesses.
Le verbe aller est le verbe de la procrastination.

Tu dois essayer de t’en sortir.
Essayer, c’est échouer.

Fais un bisou à la dame.
En contraignant votre enfant à faire un bisou à la dame, vous polluez son intelligence interpersonnelle.

Tu comprendras quand tu seras plus grand.
Ce type de message rabaisse l’enfant au rang de l’imbécile heureux.

Ma fille ne fait que des bêtises.
La répétition de cette critique qui paraît anodine est un signe de rejet parental.

Ton fils a fait une connerie… Mon fils a réussi son examen.
L’enfant n’est pas considéré comme individu mais confondu avec ses actes.

Il me rend folle. Il va bientôt sur ses 7 ans et c’est de pire en pire.
Une mère qui se sent incompétente face aux réactions incompréhensibles de son fils est une mère manipulée.

Cet enfant finira mal.
Quand on parle de quelqu’un à la 3e personne c’est qu’il n’est pas là. (Amélie Nothomb dans Antéchrista)

M… à la fin! Tu vas arrêter de me faire ch…!
Cette interjection vulgaire très courante fait partie du vocabulaire du perdant, ado ou adulte.

Conclusion (de l’auteur du blog)
Sortir les citations de leur contexte est un exercice périlleux qui risque de dénaturer les propos de l’auteur.
Même si certaines des affirmations des auteurs nous paraissent excessives, d’une manière générale, le livre est très bien fait et nous engageons tous les parents et futurs parents à le lire. Il permet en effet de décoder son propre langage et de traquer les tics langagiers négatifs et donc d’être plus performant (!) dans sa relation affective et éducative avec ses enfants.
Enfin, je me pose une question : « Pourquoi ai-je eu l’impression que le livre avait été écrit seulement par une femme? »

Rabelais à l’Élysée-Montmartre en 1968

Je dois être dans une période « souvenirs ». Hier, je publiais un billet sur la visite de l’exposition sur le Japonisme au Grand Palais, en 1988, avec, s’il vous plaît, comme guide, Geneviève Lacambre en personne, et aujourd’hui, il me revient en mémoire ceci que je publie sur ce blog parce que j’y étais avec Pierre, mon grand frérot.
Un jour, donc, c’était un soir… j’étais avec des collègues japonais avec lesquels je travaillais au DNC (chut!). L’un deux, me dit qu’il fait des recherches sur Rabelais. Je lui raconte alors que j’ai vu LE spectacle « Rabelais » monté par Jean-Louis Barrault, sur une musique de Polnareff, à l’Élysée-Montmartre en 1968. Il me dit alors qu’il est stupéfait parce qu’il n’aurait jamais pensé rencontrer quelqu’un ayant eu le privilège de voir ce spectacle et qu’il m’enviait, car c’était son rêve d’avoir pu assister à ce spectacle mythique!

Pas de vidéo de ce spectacle sur YouTube mais voici la chanson « Gare à toi, Gargantua » de France Gall!

Le père de Big Brother

Dans le Nouvel Observateur du 11 au 17 septembre, j’ai lu avec plaisir deux articles sur George Orwell que j’avais découvert en 1984 (!). J’avais lu la version originale en anglais qui m’avait passionné et peu de temps après j’ai lu la version en français de La ferme des animaux. J’y ai d’ailleurs découvert que la fameuse citation « Tous les animaux sont égaux », à laquelle sera ajouté ensuite « certains sont plus égaux que les autres » était extraite de cet ouvrage.
J’ai bien aimé cette citation dans le premier article de Philippe Sollers:
« Un écrivain talentueux peut être un ennemi politique, on peut être autorisé, et encore, à le traiter comme tel. En revanche, le péché mortel, est de dire que, comme il est un ennemi politique, c’est un mauvais écrivain ». Et d’ajouter : « Si quelqu’un me dit que la chose n’arrive jamais, je lui réponds simplement : Consultez les pages littéraires de la presse de gauche ».