1984 de George Orwell, lu en… 1984

Redécouvert récemment avec grand plaisir le Novlangue dans Wikipédia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Novlangue
J’avais lu 1984 en anglais justement cette année-là.

Extrait de Wikipédia :
Le novlangue est utilisé dans la trame même du récit, mais il fait aussi l’objet d’un bref développement analytique à la fin du roman, dans une annexe fictive intitulée The Principles of Newspeak.

Langue officielle d’Oceania, le novlangue fut créé pour satisfaire les besoins idéologiques de l’Ingsoc (pour English Socialism) : il doit favoriser la parole officielle et empêcher l’expression de pensées hétérodoxes ou critiques. En 1984, l’usage du novlangue n’était pas encore très répandu et il n’était alors maîtrisé à l’oral et à l’écrit que par des spécialistes ; mais il est destiné à remplacer totalement le Oldspeak (ou anglais standard), un objectif fixé pour les années 2050. Son usage se répand constamment ; les membres du parti tendent de plus en plus à utiliser le vocabulaire et la grammaire novlangues.

Selon l’auteur de l’annexe, le novlangue utilisé en 1984 repose sur les neuvième et dixième éditions du Newspeak Dictionary, « des éditions provisoires et qui contiennent encore beaucoup trop de mots inutiles et de constructions archaïques destinées à être supprimées ultérieurement. », ce qu’a réalisé la 11e édition.

Un livre à lire et relire et qui restera toujours d’actualité!

« Je me souviens » de Boris Cyrulnik + mon grand-père et ma mère

cyrulnik-boris.jpg« Je me souviens… » est un tout petit livre (mais immense par son contenu) de Boris Cyrulnik (éd. Odile Jacob), un psychiatre et éthologue bien connu pour avoir développé le concept de résilience.
Né à Bordeaux en 1937, il se retrouve orphelin et, caché par une personne, réussit à échapper aux rafles. Dénoncé, puis arrêté en pleine nuit par la police française en 1944, il réussit, encore, à s’échapper et à passer entre les mailles du filet.
Extraits :
« Et puis unjour, ou plutôt une nuit – c’était tôt le matin quand j’ai été arrêté -, la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C’étaient des Allemands mais j’ai été arrêté par la police française. Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi! J’en ai alors conclu que j’étais quelqu’un de très important, ce qui m’a rendu mégalomane pour le restant de ma vie! » (p. 56)

« On m’a alors demandé de monter dans une traction. On m’y a poussé et, dans cette voiture, j’ai été surpris, parce qu’il y avait déjà un homme à l’intérieur, qui pleurait. Je le regardais pleurer et j’étais fasciné par sa glotte. Il avait une glotte qui montait et qui descendait. Quand il pleurait, sa glotte s’agitait et je trouvais ça très intéressant. C’est ce qui m’a le plus marqué ce jour-là.
De ce moment qui, pour beaucoup, aurait été terrifiant, je n’ai aucun souvenir d’angoisse, ni le souvenir d’avoir eu peur. Je me souviens seulement avoir pensé que les adultes étaient vraiment absurdes. Tant d’armes, tant de camions pour arrêter un enfant! Je trouvais ça stupide.
 » (p. 57 et 58)

« En fait, dans mon enfance, j’ai certainement fait un travail de transformation de mes blessures et, par la suite, j’ai « fait quelque chose » de cette enfance fracassée. Ça m’a rendu complètement psychiatre et, très tôt, je me suis interrogé : « Quelle est cette manière d’établir des rapports entre les humains? Il faut que je comprenne ce qui se passe dans la vie. » (p. 60)

Histoire à rapprocher de cet article :
http://christian.bouthier.org/2009/06/12/l’inspecteur-principal jabot et le journaliste/.
Pendant la guerre, mon grand-père faisait parfois prévenir « certaines personnes » la veille qu’elles allaient « recevoir de la visite » le lendemain matin très tôt. Je me souviens très bien qu’il m’a raconté cela à deux ou trois reprises, sans me dire par qui et comment il faisait prévenir les gens.
C’est ma mère qui me l’a raconté elle-même l’an dernier, peu après le décès de Papa. Elle m’a dit que son père lui disait de se rendre à bicyclette à telle adresse et de dire : « Vous aurez de la visite demain matin », pas un mot de plus, pas un de moins. Et elle devait repartir aussitôt comme elle était venue.
jabot_edmond.jpgComme à l’époque, mes grands-parents et ma mère habitaient Le Bouscat, et qu’elle faisait les « commissions » à bicyclette, son rayon d’action était relativement limité. Mon grand-père devait aussi très probablement faire attention à ne pas éveiller les soupçons en ne faisant pas prévenir que des gens du quartier pour ne pas se faire lui-même -et sa propre fille, ma mère- arrêter par la Gestapo et déporter.
Car c’est ce qui était arrivé à son collègue et meilleur ami dont il sortait parfois la photo en disant : « Tu vois, lui, il est mort en déportation ». Comme j’étais enfant, il n’ajoutait pas de détails sur ce que le collègue avait pu subir, probablement la torture avant d’être envoyé dans un camp mais on sentait l’émotion dans sa voix.
Je ne sais combien de personnes ont ainsi pu être sauvées par mon grand-père et ma mère, au péril de leur vie…
jabot_georgette.jpgEn tout cas, une jeune fille de 17 ans sur sa bicyclette n’éveillait pas les soupçons , mais que devait-il se passer dans son coeur et dans celui de son père qui faisait ainsi courir un risque certain à sa fille et qui mettait sa propre vie en danger?
Je vous laisse l’imaginer…
Je publierai un jour une vidéo dans laquelle Maman raconte elle-même un de ses épisodes.

PS: Je viens d’avoir Maman au téléphone et nous avons évoqué ces « transmissions d’information à bicyclette ». « Oh, c’était normal, m’a-t-elle répondu! Ce que je faisais était normal et beaucoup de gens le faisaient ».

Baden Powell

BadenPowell1_17082004.jpg

Lorsque j’étais enfant, j’ai lu une bande dessinée retraçant la vie de Baden Powell, le célèbre fondateur du scoutisme, dont je garde un très bon souvenir (des 2). Cette BD était à la maison, elle avait dû être achetée par Papa pour mon frère Pierre qui était louveteau, et pour nous aussi, les autres enfants.
Wikipédia présente le message envoyé par BP aux scouts du monde entier à la fin de sa vie, alors qu’il s’était retiré au Kenya :
« Ceci est juste un petit mot d’adieu, pour vous rappeler, quand j’aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d’être heureux et de rendre les autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n’est-ce pas ? C’est tout d’abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure manière d’atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous.
J’ai eu une vie très heureuse, et j’aimerais qu’on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux et jouir de la vie. Ce n’est ni la richesse, ni le succès, ni l’indulgence envers soi-même qui créent le bonheur.
badenpowellpl.jpg L’étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre.
Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu’il ne l’était quand vous y êtes venus et quand l’heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n’avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ».
Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes.
Que Dieu vous aide.
Votre ami
Baden-Powell »

C’est beau, n’est-ce pas!

Ne leur dites jamais… (à lire!)

Je reviens sur le livre « Ne leur dites jamais…« , de Joseph et Caroline Messinger, avec une petite compilation des meilleurs conseils qu’il donne.
En italiques : Les phrases analysées.
En gras : un extrait des commentaires des auteurs.

J’aimerais bien que tu réussisses.
L’amour au conditionnel.

Mais bien sûr que je t’aime encore, mais il faut que je m’occupe de ton petit frère
La mère « tueuse » est une femme qui sacrifiera la chair de sa chair pour évacuer l’aversion tenace qu’elle entretient à l’égard du père de son enfant.
Remarque : Ici, le discours nous paraît excessif et même totalement déplacé. La mère dit peut-être maladroitement les choses mais de là à en tirer ces conclusions! Mais où les auteurs vont-t-ils chercher tout ça? Dans leur subconscient?

Je t’aime mieux avec cette robe qu’avec ce jean.
Il ne faut jamais mélanger l’amour et l’apparence.

Arrête d’ennuyer ta petite soeur, à la fin!
Pourquoi le petit garçon cesserait-il d’ennuyer sa petite soeur « avant la fin ».

Je vais te dire ce que tu dois faire.
Le parent qui accole les verbes « aller » et « dire » ne dit jamais ce qu’il pense et ne dit pas plus ce qu’il pense. (sic!)

Je vais te donner une claque sur les fesses.
Le verbe aller est le verbe de la procrastination.

Tu dois essayer de t’en sortir.
Essayer, c’est échouer.

Fais un bisou à la dame.
En contraignant votre enfant à faire un bisou à la dame, vous polluez son intelligence interpersonnelle.

Tu comprendras quand tu seras plus grand.
Ce type de message rabaisse l’enfant au rang de l’imbécile heureux.

Ma fille ne fait que des bêtises.
La répétition de cette critique qui paraît anodine est un signe de rejet parental.

Ton fils a fait une connerie… Mon fils a réussi son examen.
L’enfant n’est pas considéré comme individu mais confondu avec ses actes.

Il me rend folle. Il va bientôt sur ses 7 ans et c’est de pire en pire.
Une mère qui se sent incompétente face aux réactions incompréhensibles de son fils est une mère manipulée.

Cet enfant finira mal.
Quand on parle de quelqu’un à la 3e personne c’est qu’il n’est pas là. (Amélie Nothomb dans Antéchrista)

M… à la fin! Tu vas arrêter de me faire ch…!
Cette interjection vulgaire très courante fait partie du vocabulaire du perdant, ado ou adulte.

Conclusion (de l’auteur du blog)
Sortir les citations de leur contexte est un exercice périlleux qui risque de dénaturer les propos de l’auteur.
Même si certaines des affirmations des auteurs nous paraissent excessives, d’une manière générale, le livre est très bien fait et nous engageons tous les parents et futurs parents à le lire. Il permet en effet de décoder son propre langage et de traquer les tics langagiers négatifs et donc d’être plus performant (!) dans sa relation affective et éducative avec ses enfants.
Enfin, je me pose une question : « Pourquoi ai-je eu l’impression que le livre avait été écrit seulement par une femme? »

Le père de Big Brother

Dans le Nouvel Observateur du 11 au 17 septembre, j’ai lu avec plaisir deux articles sur George Orwell que j’avais découvert en 1984 (!). J’avais lu la version originale en anglais qui m’avait passionné et peu de temps après j’ai lu la version en français de La ferme des animaux. J’y ai d’ailleurs découvert que la fameuse citation « Tous les animaux sont égaux », à laquelle sera ajouté ensuite « certains sont plus égaux que les autres » était extraite de cet ouvrage.
J’ai bien aimé cette citation dans le premier article de Philippe Sollers:
« Un écrivain talentueux peut être un ennemi politique, on peut être autorisé, et encore, à le traiter comme tel. En revanche, le péché mortel, est de dire que, comme il est un ennemi politique, c’est un mauvais écrivain ». Et d’ajouter : « Si quelqu’un me dit que la chose n’arrive jamais, je lui réponds simplement : Consultez les pages littéraires de la presse de gauche ».

Ne leur dites pas…

Je suis en train de lire « Ne leur dites jamais… » de Joseph et Caroline Messinger dans lequel j’apprends que « savoir parler à ses enfants, ça s’apprend! »
Livre remarquable qui permet de déchiffrer nos mauvaises habitudes langagières et de comprendre l’impact négatif qu’elles peuvent avoir sur nos enfants.
Beaucoup de nos amis viennent d’avoir un enfant ou sont sur le point d’en avoir.
Je leur recommande donc ce livre avec « Comment donner à vos enfants une intelligence supérieure » (Marabout) ainsi que les fameux « J’attends un enfant » et « J’élève mon enfant » de Laurence Pernoud.

Les Raisins de la colère

Je viens de lire « Les raisins de la colère » de John Steinbeck.

Extrait de Wikipédia :

« Le livre raconte l’odyssée d’une famille de paysans, les Joad, qui, ruinée par les tempêtes de poussière (Dust Bowl), par l’appauvrissement du sol et par la crise des années 1930, est contrainte de quitter l’Oklahoma et de venir chercher du travail en Californie. Peu à peu, affamés, traqués, exploités par les grands propriétaires, les émigrants voient la terre promise californienne se transformer en un vaste pénitencier. Mais on pourra constater tout au long du livre, que l’espoir n’a jamais abandonné cette famille. Ce livre représente la misère de l’homme par l’homme. »

C’est aussi l’histoire d’hommes et de femmes qui font don d’eux-mêmes malgré un extrême dénuement. La fin du livre représente certainement un condensé de l’ouvrage avec cette scène d’une femme qui donne le sein à…

Ce livre a donné lieu à une adaptation cinématographique de John Ford.

Extrait de Wikipédia :

« Le thème du film est basé sur la dualité entre, d’une part la perte (matérielle et humaine) et le deuil et, d’autre part, l’espoir et le courage. Une œuvre aussi courageuse que les personnages qu’elle met en scène, et qui a soulevé de nombreuses controverses à sa sortie. La progression dramatique renvoie clairement à un épisode biblique précis: l’exode vers la Terre Promise. »

Mise à jour du 12 août 2008 :

Je viens juste de trouver le DVD du film à 500 yens dans un centre commercial de Kita Senju!

Le français par l’intuition et l’image

Retrouvé un vieux livre d’enseignement du français datant de 1927 et s’intitulant « Le français par l’intuition et l’image » (Éd. Ferdinand Hirt & Sohn in Leipzig).
Chaque leçon propose une image et des questions.
Exemples de questions portant sur l’image ci-dessous:
Qui voyez-vous à côté du soldat? Réponse: 13 qui se promène les mains dans les poches;

Et comme modèles de question:
– Combien d’armes connaissez-vous? (L’infanterie, l’artillerie, le génie, la cavalerie, hussards, cuirassés, zouaves)
– Combien d’armées un État a-t-il? (L’armée de terre, l’armée de mer ou marine militaire)
– Sommes-nous en guerre ou en paix actuellement?
etc…

Incroyable, hein?!

personnages de la rue

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Le manuel du parfait petit masochiste

En faisant du rangement, je viens de retrouver un bouquin que j’avais lu il y a 4 ans : « Le manuel du parfait petit masochiste » de Dan Grenburg au éditions du Seuil (collection Virgule).
C’est un petit ouvrage très amusant qui donne, au 2e degré, des conseils pour être heureux dans la vie!
Je vous vous donne quelques extraits de la table des matières.

Comment se rendre malheureux sans l’aide de quiconque
1. Techniques de base pour se torturer

Comment créer une angoisse de première classe
Test de pensée négative

3. À la recherche du malheur : le passé, le présent, l’avenir

Conditions optimales pour broyer du noir
Suggestions d’idées à ressasser

4. Comment perdre ses amis et se mettre tout le monde à dos

Comment se comporter face à un rejeteur récalcitrant

6. Comment éviter de véritables relations amoureuses
7. Comment casser une véritable relation amoureuse

!! J’en passe et des meilleures! 😀

Très drôle et utile car il vous permettra de reconnaître certains cas de masochisme avéré dans votre entourage, voire chez vous-même, je vous en recommande chaudement la lecture!