Le syndrome de l’imposteur

L’autre jour, j’ai rencontré un collègue qui m’a dit que juste après son arrivée dans l’entreprise où je travaille, il avait été atteint du syndrome de l’imposteur. Je ne connaissais pas du tout ce syndrome et ça m’a étonné.

Voici ce que Wikipédia en dit ici :
Les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail. Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs.

Il s’agirait en l’occurrence d’un fantasme masochiste sapant les mécanismes narcissiques et polluant l’existence du sujet affecté. 60 à 70% des personnes douteraient, à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leurs succès. Ces pensées négatives sont généralement dépassées par une certaine clairvoyance, mais elles peuvent finir par devenir invalidantes.

Pour d’autres le complexe de l’imposteur est lié à la peur de réussir et empêche les personnes qui en sont victimes de développer pleinement leur potentiel. Inconsciemment convaincues que leur réputation est usurpée, ces dernières fuient toute possibilité qui leur permettrait d’aller encore plus loin. Ces personnes vivent dans le doute et pensent qu’un jour elles seront démasquées et que quelqu’un fera la preuve de leur incapacité.

D’après mon collègue, ce syndrome toucherait beaucoup de gens ayant réellement réussi et reconnus dans leur domaine, tels que des avocats, des chercheurs et autres professions intellectuelles.
Étonnant, n’est-ce pas!

Le blog ci-dessous présente le même problème sous un angle assez humoristique que j’ai bien aimé.

https://xave.org/post/2007/05/09/820-le-syndrome-de-l-imposteur

Séparer le rentable du non-rentable : la maladie du siècle

« JAL – Les créanciers veulent séparer le rentable du reste. » (Journal Nikkei, Japon)
Voilà bien une des maladies du siècle : vouloir « à tout prix » séparer le rentable du non-rentable.
On nous parle en France de « lignes rentables » et de « lignes non-rentables » aussi bien à la SNCF que pour des compagnies aériennes.
Même si la logique économique correspond à quelque chose de bien réel -la nécessité pour une entreprise d’être viable financièrement, et qui peut certainement sembler nécessaire en ne considérant que la partie d’un problème, je crois que cela relève de ce que l’on appelle communément « ne pas voir plus loin que le bout de son nez ».
Car « non-rentable » à court terme pour une entreprise ne signifie pas pour autant que le maintien d’une activité n’apportera pas un minimum de richesses -au sens le plus large possible de ce mot- à une communauté, une ville, une région, un pays.
Dans le Sud-Ouest, par exemple, il existait autrefois une ligne de chemin de fer allant de Bordeaux à Mont-de-Marsan en passant par Labrit (un tracé différent de l’actuel). Elle a été supprimée vers la fin des années 50 ou au début des années 60 parce que non-rentable. En remplacement, on a mis une ligne de cars -privée- qui, elle aussi a été supprimée plus tard, car car non-rentable.
Résultat, de nombreux villages des Landes comme Labrit, et bien d’autres situés sur la ligne et alentours, n’ayant aucun moyen de transport en commun à leur disposition et une économie locale n’ayant pas de circulation stable, comme un poumon ou un membre n’ayant plus de « circulation ».
Mais est-ce qu’on ampute un membre n’ayant qu’une faible circulation? Non! Car on considère l’ensemble du corps, du système et qu’il y a une solidarité entre les membres.
En poussant la logique économique à son extrême, on doit normalement supprimer des tronçons de ligne. C’est d’ailleurs déjà fait en de nombreux endroits. Mais ce phénomène pourrait s’accentuer à l’extrême! On verra bientôt peut-être un Paris-Montpellier morcelé en tronçons « train rentable » et en d’autres qu’il faudra faire à pied, ses valises à la main…

J’ai un petit exemple où l’on n’a pas supprimé du soi-disant « non-rentable » et où ça continue à bien fonctionner, et même, ça fonctionne mieux.
Le Centre Culturel rattaché à mon université, à Matsudo (Japon), dispense des cours pour le grand public. Il y a quelques années, j’ai fait développer le nombre de cours de français afin d’en élargir l’offre. Ceci a permis de passer d’un seul cours avec 30 personnes (et une dizaine en liste d’attente!) à 6 ou 7 cours de niveaux variés permettant de mieux répondre à la demande du public. Dans le même temps, j’ai négocié directement avec le directeur du Centre Culturel, sur la base d’une forte demande des élèves, afin de limiter le nombre d’élèves à 25 par cours (depuis quelques années, ramené à 18 ou 20).
Nous avons ainsi pu avoir des cours comprenant entre 10 et 25 élèves, apportant un niveau de satisfaction élevé des utilisateurs si l’on en juge par les résultats des enquêtes réalisées après chaque session de formation de 3 mois. Et, rien que pour le français et ses disciplines connexes, nous avons eu jusqu’à 89 clients pour un seul trimestre.
Parfois, il a été question de supprimer des cours ayant moins de 10 élèves inscrits. J’ai alors demandé aux responsables de considérer la rentabilité pour l’ensemble des cours de français sur une année et de conserver les cours qui leur semblaient moins rentables -ou non-rentables- car, selon moi, ils présentaient au moins 2 avantages:
– leurs étudiants sont des étudiants potentiels pour d’autres cours ;
– conserver un cours permet d’apporter une satisfaction aux élèves qui en bénéficient (ne serait que par la continuité du service!) qui rejaillit positivement sur l’ensemble du système.
Cette argumentation a été entendue et certains cours ont vu leur nombre d’élèves descendre à 4 pour certains trimestres!
Le temps me manque pour apporter une conclusion mais je crois que ces modestes exemples sont assez éloquents et montrent bien qu’il ne faut pas aborder les problèmes en les coupant de leur environnement. C’est, du reste, une question de simple bon sens.

Les échecs féériques

Papa aimait bien les échecs et jouer avec nous, ses enfants. Et nous aimions bien jouer avec lui…
Ça fait un moment que je lis « Le guide des échecs » (de Nicolas Giffard et Alain Biénabe, éd. Robert Laffont) et je suis arrivé au chapitre qui traite des échecs féériques.
Les échecs sont déjà un jeu complexe mais là, on a affaire à des variantes d’une extrême richesse et c’est vraiment époustouflant.
Petit inventaire à la Prévert… Je n’en choisis que quelques-uns que j’ai trouvé les plus marrants en résumant l’explication :

– les échecs cannibales : les pièces d’un même camp se prennent entre elles;
– les échecs fusils : on prend à distance, sans bouger sa pièce comme si on tirait sur les pièces de son adversaire. On ne rate jamais la cible!
– les échecs monochromatiques : les cases de départ et d’arrivée de chaque coup doivent être de même couleur;
– les échecs bichromatiques : l’inverse du précédent;
– Les échecs gravitation;
– les échecs poursuite;
– les échecs dynamo : pas de prise mais les pièces peuvent repousser ou aspirer celles de l’adversaire;
– les échecs gravitation : toute pièce (sauf les rois et les pions) qui joue, effectue un mouvement classique puis glisse d’une case verticalement vers son camp. L’effet de gravitation!

Il y en a plein d’autres et je ne vous parle pas des problèmes avec des pièces différentes comme la sauterelle, les pièces paralysantes, les pièces rayon X, les pièces volages, etc. !!

Je vais en citer également un dans mon blog Japon car il a un nom très particulier : les échecs Kamikazes !

Si j’avais le temps, faudrait que je fasse des stages avec mon frère Jacques qui touche plutôt sa bille, ou avec Jacques Pineau, un Français du Japon qui a un niveau très élevé (et même plus que ça!). Il a écrit des articles dans france-japon.net il y a déjà quelque temps sur les échecs et le shôgi (voir ici et ici).

50 mots pour comprendre le développement durable (Patrice Zana)

50 mots pour comprendre le développement durable
C’est le titre d’un petit livre de Patrice Zana (éd. Alternatives, collection « petits carnets utiles ») qui présente et explique 50 mots-clés et expressions du développement durable.
Très simple, c’est un bon ouvrage pour découvrir en douceur ce qu’est le développement durable et tout ce qui est en relation avec ce concept.
J’ai traduit la liste de vocabulaire en japonais dans le cadre de mon cours sur le français des médias à l’université Nihon.
Voici la liste des termes :
agenda 21
agrocarburants = biocarburant
biodiversité
Charte d’Aalborg
commerce équitable
compensation carbone
consom’action
crise alimentaire
Déclaration de Rio
déforestation
développement durable
diversité
eau
éco-conception
écogestes
écolabels
écologie à la ville
écotaxe
énergies renouvelables
empreinte écologique
facteur 4
gaz à effet de serre
pacte mondial (global compact)
greenwashing
Grenelle de l’environnement
gouvernance
GIEC Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat
HQE haute qualité environnementale
indice de développement humain
ISR investissement socialement responsable
loi NRE = Loi sur les nouvelles régulations économiques
négawatt (Negawatt power)
NIMBY Not In My Back Yard
OMD objectifs du millénaire pour le développement
OGM organisme génétiquement modifié
parties prenantes
pesticides
principe pollueur-payeur
principe de précaution
programme REACH Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques / Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals
protocole de Kyoto
rapport Brundtland
réchauffement climatique
responsabilité sociale des entreprises
sommet de Johannesburg
surpêche
Think globally, act locally
tourisme durable et solidaire
tri des déchets
triple bottom line : La Triple Bottom Line est la transposition de la notion de développement durable en entreprise.

L’inspecteur principal Jabot et le journaliste

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Arrivé à Bordeaux après mon service militaire, j’ai habité quelque temps à la cité du Grand-Parc, un paquet d’immeubles et de tours massés sur une toute petite surface et regroupant 30000 habitants.
Un jour, mon voisin m’invite à prendre un café. Nous avions déjà échangé quelques mots et je savais qu’il était journaliste à Sud-Ouest et s’appelait « Philippon ».
Dans la discussion, alors que j’évoquais mon grand-père, Edmond Jabot, qui avait fait une carrière dans la police à Bordeaux, il s’écrie tout à coup : « Mais je le connais! J’ai même commencé ma carrière de journaliste en suivant ses enquêtes! »
Incroyable, n’est-ce pas! Et comme j’avais quelques photos avec moi, je les lui ai montrées. J’avais même une photo qui avait été prise par lui au cours d’une arrestation et qu’il avait donnée à mon grand-père.
Les inspecteurs de police avaient alors une apparence bien différente d’aujourd’hui et rien ne semblait les distinguer des truands qu’ils combattaient.
« Ton grand-père, il était toujours élégant, toujours tiré à quatre épingles. » « Il avait parfois sa photo dans le journal! »
À l’époque, il est vrai que les policiers avaient les honneurs de la presse lorsqu’ils avaient arrêté un gros bonnet du milieu ou un truand bien en vue.

Sur la photo, prise au Jardin Public de Bordeaux, l’inspecteur Jabot s’apprête à arrêter le militaire américain sur la droite. Je possède une autre photo sur laquelle on voit très bien les menottes qu’il tient à la main et s’apprête à utiliser.

Les cimetières américains, canadiens, britanniques, polonais, allemands,… en Normandie et ailleurs

Lorsque nous nous rendions en voiture avec mes parents d’Argentan à Caen, nous passions devant le cimetière canadien de Breteville-sur-Laize, un des nombreux cimetières de Normandie où sont inhumés des soldats canadiens morts pendant le débarquement de 1944 et les batailles qui ont suivi.
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Copyright photo https://www.annebrooks.ca/showmap.php?cemeteryID=41

Extrait du site des anciens combattants du Canada :
« Comme la plupart des cimetières de la Seconde Guerre mondiale, le cimetière de guerre canadien de Bretteville-sur-Laize groupe les dépouilles des victimes d’abord inhumées dans de petits cimetières improvisés, sur le champ de bataille même. Toutes les unités du 2e Corps canadien y sont représentées, y compris 79 aviateurs de l’A.R.C. Pour nous en tenir aux Canadiens seulement, 2 793 d’entre eux reposent au cimetière. »
Bien sûr, voir ce cimetière n’avait pas vraiment de sens pour moi, même si ça me faisait malgré tout « un drôle d’effet », sans doute dû en partie à l’émotion que mon père essayait de nous cacher. Car pour lui, qui était en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO), ces morts étaient des héros qui avaient contribué par leur sacrifice à libérer la France puis l’Allemagne et toute l’Europe.
Le président américain Obama va visiter un des cimetières américains situé juste en face de la plage du débarquement d’Omaha (Omaha Beach), le cimetière de
Colleville-sur-Mer.

Extrait de Wikipédia cité ci-dessus :
« Inauguré officiellement en 1956 avec son mémorial, ce cimetière honore les soldats américains morts pendant la bataille de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette nécropole de 70 hectares est installée sur les hauteurs qui surplombent la plage d’Omaha Beach, l’une des plages du débarquement de Normandie. Le littoral à cet endroit est protégé. »
(…)

« Dans le cimetière sont enterrés les corps de 9387 soldats, dont 307 inconnus et quatre femmes, principalement morts le jour du débarquement ou dans les combats des semaines suivantes en Normandie. 14 000 dépouilles, d’abord inhumées en Normandie, ont été rapatriées aux États-Unis, à la demande de leurs proches.
Près du mémorial, dans le « jardin des disparus », se trouvent les noms de 1 557 soldats disparus.
Certains titulaires de la Medal of Honor morts en Normandie reposent à Colleville, dont le général Theodore Roosevelt Junior (1887-12 juillet 1944) (le fils ainé du président des États-Unis Theodore Roosevelt et lointain cousin du président Franklin Roosevelt), le lieutenant Jimmie Monteith (1917 – juin 1944 à Omaha Beach) et Frank Peregory[1] (1916 – 12 juin 1944). Deux des frères Niland sont aussi enterrés ici. »

« Le cimetière accueille environ 1 million de visiteurs par an et est le cimetière américain le plus visité. Un centre pour visiteurs a ouvert le 6 juin 2007. Les États-Unis y ont investi 30 millions de dollars pour retracer le débarquement. Dans une des salles, une bande-son cite en permanence le nom des soldats américains morts au combat. »

Voir aussi la page de Wikipédia sur les Cimetières militaires de la Seconde Guerre mondiale.
« Les cimetières militaires de la Seconde Guerre mondiale ont été créés à la suite de la Seconde Guerre mondiale dédiés aux soldats tombés (que ce soit les agresseurs ou les défenseurs) selon les droits humanitaires de la convention de Genève. Des accords bilatéraux ont été définis entre les nations concernées pour statuer sur ces lieux. » (source Wikipédia)

Baden Powell

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Lorsque j’étais enfant, j’ai lu une bande dessinée retraçant la vie de Baden Powell, le célèbre fondateur du scoutisme, dont je garde un très bon souvenir (des 2). Cette BD était à la maison, elle avait dû être achetée par Papa pour mon frère Pierre qui était louveteau, et pour nous aussi, les autres enfants.
Wikipédia présente le message envoyé par BP aux scouts du monde entier à la fin de sa vie, alors qu’il s’était retiré au Kenya :
« Ceci est juste un petit mot d’adieu, pour vous rappeler, quand j’aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d’être heureux et de rendre les autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n’est-ce pas ? C’est tout d’abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure manière d’atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous.
J’ai eu une vie très heureuse, et j’aimerais qu’on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux et jouir de la vie. Ce n’est ni la richesse, ni le succès, ni l’indulgence envers soi-même qui créent le bonheur.
badenpowellpl.jpg L’étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre.
Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu’il ne l’était quand vous y êtes venus et quand l’heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n’avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ».
Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes.
Que Dieu vous aide.
Votre ami
Baden-Powell »

C’est beau, n’est-ce pas!

Après le phishing, le vishing…

Un article à lire pour éviter un nouveau genre d’escroquerie :
https://news.cnet.com/8301-1035_3-10244200-94.html?part=rss&subj=news&tag=2547-1_3-0-20.
Extrait :
What is vishing? The term « vishing » is a socially engineered technique for stealing information or money from consumers using the telephone network. The term comes from combining « voice » with « phishing, » which are online scams that get people to give up personal information.
How does it work? Typically attackers use a technique called caller ID spoofing to make it look like calls are coming from a legitimate or known phone number. It’s a very similar technique to email spoofing, which makes e-mail addresses look like they are coming from a trusted source. But because people typically trust the phone service and caller ID, spoofing phone numbers can be particularly damaging.
And just like with online phishing attacks, which direct consumers to phony Web sites, vishing attacks usually have a recorded message that tells users to call a toll-free number. The caller is then typically asked to punch in a credit card number or other personal information. In the case of the warranty scams, users are asked to buy a bogus extended warranty for their car, which can cost anywhere between $2,000 and $3,000.

La forêt landaise après le passage de la tempête Klaus le 24 janvier 2009

L’actualité, c’est bien mais les journalistes, ça oublie vite, ça zappe…
Une tempête d’une force phénoménale s’est abattue sur la France et notamment le sud-ouest le 24 janvier 2009. Qui en parle encore?
Pourtant, c’est environ 80% de la forêt landaise (une des plus grandes d’Europe) qui a été détruite! Les images sont éloquentes. Si vous avez l’occasion de passer par les Landes en voiture vous ne verrez que désolation. Apparemment, ça n’intéresse plus personne…
Je vous invite à voir quelques photos prises en mars. Accrochez-vous!
Et si vous avez envie de vomir sur votre télé qui vous raconte le monde vu par le petit bout de sa lorgnette, ne vous gênez pas…
Voir la série de photos ici :
https://www.france-japon.net/albumphotos/v/france/foret-landaise/

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Oraison funèbre pour Raymond Bouthier

« Tu ne t’es guère reposé, Papa, depuis ce printemps 1922, jusqu’à cet hiver 2009, où tu poses enfin tes valises. Entre la tempête de 2009, et celle de 1914.

Au sortir de cette guerre qui vous avait meurtris, même si vous étiez nés juste après, il en a fallu de l’amour à tes parents, nos grands-parents, pour vous en transmettre assez pour toute votre vie, à toi, à ton frère, à tes trois sÅ“urs ici présentes, assez d’amour pour nous en redonner, à nous, les vingt-deux enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants, de Raymond et Georgette Bouthier.

Puis à dix-sept ans, encore adolescent, tu as connu la 2nde guerre. Tu as été déporté au STO. Tu as connu l’injustice, les douleurs de l’exil. Mais tu ne t’avouas pas vaincu : tu apprenais les langues, celle des Allemands pour contester leur pouvoir, et le polonais de tes camarades d’infortune. Tu écrivais des poèmes, dont il me revient ces deux vers :

« Il reste l’invisible fil
L’amour lointain de ceux que j’aime »

Est-ce en mémoire de cet exil que plusieurs d’entre-nous, enfants, petits-enfants, ont choisi des exils (plus ou moins temporaires), au Japon, en Italie, en Allemagne…

Et puis il y a eu les petits bals de la Libération, où une rencontre changea ta vie et permit la nôtre, une jeune fille superbe, une petite Labritoise, la fille de M. et Mme Jabot, Georgette, notre Maman.

Tout le reste de ta vie, marqué par l’injustice, l’oppression, mais aussi par l’amour, tu t’es battu pour le droit, la justice, les opprimés. Tu es devenu un chrétien de témoignage, de réflexion, engagé. Le journal de toute ta vie d’adulte, c’est Témoignage Chrétien (auquel tu es toujours abonné) et dont la devise est « Vérité, justice, quoi qu’il en coûte. »

Et il t’en a coûté. Tu as été militant, syndicaliste, et serviteur de l’état, serviteur fier du service public.

Directeur d’hôpital, tu l’as voulu au service de ceux qui souffraient, et d’ailleurs, dans le dernier mois de ta vie, dans ta toute récente résidence de retraite d’Albret, tu as fait malicieusement remarquer au directeur qu’il était ton collègue, que toi aussi, il y a quarante-six ans, tu étais directeur de maison de retraite. On appelait encore ça, à l’époque, un hospice, et tu as contribué à l’humaniser. Ce goût de la gestion et du service des autres, est perpétué par plusieurs de tes enfants et petits-enfants qui ont créé des entreprises ou gèrent des services.

Tu nous as aussi enseigné à tous le jeu d’échecs, passion dévorante pour plusieurs, à un moment ou un autre de nos vies.

Militant, tu l’as été jusqu’au bout. Tu défendais le droit des employés, le code du travail. Tes collègues directeurs d’hôpital à Bordeaux disaient de toi, un peu agacés : « Bouthier, il couche avec le Code ! »

Retraité, tu as continué à monter à Paris comme administrateur de la Sécurité Sociale. A Bordeaux, tu fus assesseur auprès du tribunal (pour les questions de Sécurité Sociale bien sûr).

Et si nous, tes enfants, avons pensé en 68 inventer un militantisme plus malin — et si plusieurs de nos enfants à leur tour reprennent cette ambition familiale, au-delà des chapelles et des drapeaux, c’est un peu à toi qu’ils le doivent, à ta foi, à tes valeurs, à ta générosité.

A la fin de ta vie, Maman et toi, vous avez eu la douleur indicible de perdre Françoise, votre fille, notre sÅ“ur — et puis, il y a six mois, Minouche, ma femme, votre fille qui vous aimait et s’occupa si bien de vous.

Je passerai sur les douleurs de la fin de la vie. Elles pèsent leur poids. Il t’a fallu du courage, Papa, mais un courage toujours discret, pour affronter tout cela et continuer à vivre avec optimisme, jusqu’au bout, marchant obstinément avec tes cannes, prenant les escaliers au prix de mémorables chutes, qui ne t’ont d’ailleurs pas arrêté.

Jusqu’au bout tu as fait de l’espagnol (tu le parlais encore l’an dernier avec Mme Caps à la fête des voisins à la Villette), tu as voulu apprendre le japonais pour mieux communiquer avec tes petits-enfants du Japon. Tu nous as communiqué ta curiosité de tout, ton goût « d’une âme saine dans un corps sain » ; le dernier mois tu lisais Françoise Dolto, l’Evangile au risque de la psychanalyse, et tu écoutais des chansons du pays du Nord, du pays de ta maman.

Pour tout cela, et pour tout l’amour que maman et toi, et toute la famille, vous nous avez transmis, merci à toi, Papa. Et repose-toi enfin. Nous t’aimons. »

Texte rédigé par Pierre Bouthier.